Ce qu’on dit d’un malheur, qu’il n’arrive jamais seul, on le peut dire des passions : elles viennent ensemble, comme les Muses ou comme les Furies.
Écrivain, 1768-1848Ce qu’on dit d’un malheur, qu’il n’arrive jamais seul, on le peut dire des passions : elles viennent ensemble, comme les Muses ou comme les Furies.
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Mémoires d’outre-tombe (1848), Première partie, livre II
Ce qu’on dit d’un malheur, qu’il n’arrive jamais seul, on le peut dire des passions: elles viennent ensemble, comme les muses ou comme les furies.Avec le penchant qui commençait à me tourmenter, naquit en moi l’honneur; exaltation de l’âme, qui maintient le cœur incorruptible au milieu de la corruption; …
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Tout se confond dans une vie qui trouve son unité du côté d’une passion.
Croire que l’on peut partager la colère ou la tristesse avec un nombre indéterminé de compagnons n’est en un sens qu’un beau fantasme.
Celui qui n’est pas passionné devient tout au plus un pédagogue ; c’est toujours par l’intérieur qu’il faut aller aux choses, toujours, toujours en partant de la passion.
L’amour, la gloire, l’ambition, l’avarice – rêves !
Rêves inutiles et mauvais, et dont pas un n’est meilleur ni pire, car ce n’est toujours qu’un même météore sous des noms différents, et la mort est la sombre fumée où va s’éteindre sa flamme.
Quand on aime à la folie, l’éclair nous foudroie ; la passion nous consume doucement, en ne laissant à notre vie que les cendres de notre amour.
Personne ne possède sa propre histoire. Quelqu’un d’autre peut arriver et s’en emparer, comme un coucou s’approprie un nid. Et les histoires ont une vie après la mort, aussi.
Ce qui distingue le fou du sage, c’est que le premier est guidé par les passions, le second par la raison.
Les amoureux et les fous ont la cervelle si effervescente, la fantaisie si inventive qu’ils conçoivent beaucoup plus de choses que la froide raison n’en peut comprendre.
Qui n’a pas connu la passion ne sait pas faire la différence entre la fièvre, le vertige, l’ivresse et l’embrasement.
La jalousie, passion éminemment crédule, soupçonneuse, est celle où la fantaisie a le plus d’action ; mais elle ne donne pas d’esprit ; elle en ôte.

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