Biographie courte et informations sur Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues
Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues, est né en 1715 à Aix-en-Provence dans une famille noble aux revenus modestes. Engagé dans l'armée, il participa aux guerres de succession de Pologne et d'Autriche. Blessé, il mit fin à sa carrière militaire et se consacra à l’écriture à Paris, encouragé par Voltaire et Mirabeau. En 1746, il publia ses Réflexions et maximes. Mort à 31 ans, il est reconnu pour son style moraliste et stoïque, influençant la pensée française.
- Un menteur est un homme qui ne sait pas tromper; un flatteur, celui qui ne trompe ordinairement que les sots. Celui qui sait se servir avec adresse de la vérité, et qui en connaît l’éloquence, peut seul se piquer d’être habile.
- La lumière est le premier fruit de la naissance, pour nous enseigner que la vérité est le plus grand bien de la vie.
- La guerre n’est pas si onéreuse que la servitude.
- Les particuliers négocient, font des alliances, des traités, des ligues, la paix et la guerre, en un mot, tout ce que les rois et les plus puissants peuples peuvent faire.
- Lorsque nous appelons les réflexions, elles nous fuient; et quand nous voulons les chasser, elles nous obsèdent, et tiennent malgré nous nos yeux ouverts pendant la nuit.
- Pour peu qu’on se donne carrière sur la religion et sur les misères de l’homme, on ne fait pas difficulté de se placer parmi les esprits supérieurs.
- La paresse et la crainte de se compromettre ont introduit l’honnêteté dans la dispute.
- Le soleil est moins éclatant, lorsqu’il reparaît après des jours d’orage, que la vertu qui triomphe d’une longue et envieuse persécution.
- Les conseils de la vieillesse éclairent sans échauffer, comme le soleil de l’hiver.
- La haine des faibles n’est pas si dangereuse que leur amitié.
- Si nos amis nous rendent des services, nous pensons qu’à titre d’amis ils nous les doivent, et nous ne pensons pas du tout qu’ils ne nous doivent pas leur amitié.
- Il ne faut pas être timide de peur de faire des fautes : la plus grande faute de toutes est de se priver de l’expérience.
- Nos erreurs et nos divisions dans la morale viennent quelquefois de ce que nous considérons les hommes comme s’ils pouvaient être tout à fait vicieux ou tout à fait bons.
- Le métier des armes fait moins de fortunes qu’il n’en détruit.
- Il est parfois plus difficile de gouverner un seul homme qu’un grand peuple.
- Il nous est plus facile de nous teindre d’une infinité de connaissances, que d’en bien posséder un petit nombre.
- Les grandes pensées viennent du cœur, et les grandes affections viennent de la raison.
- La servitude abaisse les hommes jusqu’à s’en faire aimer.
- Il est aisé de tromper les plus habiles, en leur proposant des choses qui passent leur esprit et qui intéressent leur coeur.
- Le corps a ses grâces, l’esprit ses talents, le coeur n’aurait-il que des vices ?
- Il est triste que la bonté n’accompagne pas toujours la force.
- La clémence vaut mieux que la justice.
- La paix rend les peuples plus heureux, et les hommes plus faibles.
- La reconnaissance est le sentiment d’un bienfait.
- La grande vanité de ceux qui n’imaginent pas, est de se croire seuls judicieux.
- On ne fait pas beaucoup de grandes choses par conseil.
- Où tout est dépendant, il y a un maître : l’air appartient à l’homme, et l’homme à l’air; et rien n’est à soi ni à part.
- La plupart des grands personnages ont été les hommes de leur siècle les plus éloquents.
- Le terme de l’habileté est de gouverner sans la force.
- Si une pensée ou un ouvrage n’intéressent que peu de personnes, peu en parleront.
- La pensée de la mort nous trompe; car elle nous fait oublier de vivre.
- Il faut être né raisonnable; car on tire peu de fruit des lumières et de l’expérience d’autrui.
- Ce qui n’offense pas la société n’est pas du ressort de la justice.
- La politique fait entre les princes ce que les tribunaux de la justice font entre les particuliers : plusieurs faibles, ligués contre un puissant, lui imposent la nécessité de modérer son ambition et ses violences.
- Faut-il s’applaudir de la politique, si son plus grand effort est de faire quelques heureux au prix du repos de tant d’hommes ? Et quelle est la sagesse si vantée de ces lois, qui laissent tant de maux inévitables, et procurent si peu, de biens ?
- Un autre défaut de la mauvaise poésie est d’allonger la prose, comme le caractère de la bonne est de l’abréger.
- La maladie éteint dans quelques hommes le courage, dans quelques autres la peur, et jusqu’à l’amour de la vie.
- Notre dégoût n’est point un défaut et une insuffisance des objets extérieurs, comme nous aimons à le croire, mais un épuisement de nos propres organes, et un témoignage de notre faiblesse.
- Un homme qui digère mal, et qui est vorace, est peut-être une image assez fidèle du caractère d’esprit de la plupart des savants.
- Il n’est pas besoin d’un long apprentissage pour se rendre capable de négocier, toute notre vie n’étant qu’une pratique non interrompue d’artifices et d’intérêts.
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