Pour peu qu’on se donne carrière sur la religion et sur les misères de l’homme, on ne fait pas difficulté de se placer parmi les esprits supérieurs.
Écrivain, 1715-1747 Image : Charles-Amédée Colin, CC0, Wikimedia Commons Pour peu qu’on se donne carrière sur la religion et sur les misères de l’homme, on ne fait pas difficulté de se placer parmi les esprits supérieurs.
Écrivain, 1715-1747 Image : Charles-Amédée Colin, CC0, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Œuvres de Vauvenargues (1857), Texte entier, 931
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Ce que l’homme cherche dans la religion, c’est de sauver sa propre individualité, de l’éterniser, ce qu’on n’obtient ni avec la science, ni avec l’art, ni avec la morale.
La spiritualité… Demande d’abord une culture du cœur, une immense force, une intrépide sans faille. Les couards ne peuvent satisfaire à une morale.
La morale de l’homme n’avançait pas aussi vite que sa science. L’humanité n’était pas assez évoluée spirituellement pour assumer la puissance qu’elle s’était arrogée.
La vie n’est pas mauvaise, elle est pire. On ne choisit pas ses parents, rarement sa religion, à peine ses amis et sa femme ; ainsi presque tout dont dépend ou le bonheur ou le malheur de l’homme échappe à sa judiciaire.
Sourire, c’est parfois montrer que l’on n’est pas si sérieux qu’il semble, c’est atténuer les reproches, assurer une communion spirituelle que l’homme trop sérieux ne connaît pas. Sourire, c’est parfois détourner autrui du monde compact des intérêts pour l’appeler à une communion dans le non-sérieux.
Nul homme doué de raison, s’il est tant soit peu philosophe, ne pourra jamais cesser de s’émerveiller de ce que peut accomplir le simple contact d’une femme, qu’elle soit un démon ou une sainte.
Avoir foi en la perfection de l’homme, c’est très bien chez un homme d’Église, pas chez un Premier Ministre.
Connaître n’est donc pas un engagement moral : savoir, comprendre, est une nécessité. La seule chose qui permet de sentir qu’on est encore un homme digne de respirer.
Celui qui est parvenu au cœur même de sa religion est aussi parvenu au cÏur des autres religions.
Le sacré n’implique pas la croyance en Dieu, en des dieux ou en des esprits. C’est (…) l’expérience d’une réalité et la source de la conscience d’exister dans le monde.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.