Un homme qui digère mal, et qui est vorace, est peut-être une image assez fidèle du caractère d’esprit de la plupart des savants.
Écrivain, 1715-1747 Image : Charles-Amédée Colin, CC0, Wikimedia Commons Un homme qui digère mal, et qui est vorace, est peut-être une image assez fidèle du caractère d’esprit de la plupart des savants.
Écrivain, 1715-1747 Image : Charles-Amédée Colin, CC0, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Réflexions et Maximes (1857), n° 216
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Il arrive à chacun de se croire un surhomme tant qu’il ne s’est pas aperçu qu’il est en même temps mesquin, impur et perfide.
L’homme, tout compte fait, n’a rien à dire de l’homme. Etant seul à se juger, il peut se grandir ou se réduire à sa guise : tel un fou qui, sans risque de contradiction, pourrait choisir entre le délire des grandeurs et celui de l’indignité.
Un psychopathe, un homophobe même, mais en même temps, un homme étrangement éloquent et cultivé, attentionné et conscient de la nécessité de la famille, du pouvoir de la loyauté et de la parole donnée. Un paradoxe. Un anachronisme. Un mystère.
C’qui fait un homme, c’est sa conscience, c’qui fait sa valeur, c’est sa constance, j’distingue l’envie de l’avarice aussi la méchanceté naïve de la malice.
Un homme sain d’esprit c’est un fou qui tient sa folie dans une poche de sang noir – entre le cerveau et le crâne, entre sa famille et son métier.
Un homme doué d’une conscience est-il capable de s’estimer un tant soit peu ?
La richesse de la parure peut annoncer un homme opulent, et son élégance un homme de goût : l’homme sain et robuste se reconnaît à d’autres marques.
Celui qui se transforme en bête se délivre de la souffrance d’être un Homme.
Un homme reste toujours un homme et, bien que nonagénaire, j’ai parfois des montées de sève. (…) Elles ne voient en moi qu’un inoffensif vieux bonhomme exhibant un inoffensif vieux pénis qui a, de temps à autres, la folie des grandeurs.
Peur, curieux comme ce mot revient souvent dans les confidences des hommes quand ils se racontent au lieu de plastronner.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.