La servitude abaisse les hommes jusqu’à s’en faire aimer.
Écrivain, 1715-1747 Image : Charles-Amédée Colin, CC0, Wikimedia Commons La servitude abaisse les hommes jusqu’à s’en faire aimer.
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Réflexions et Maximes (1857), n° 22
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Les hommes ont moins d’amour et de respect pour la justice que d’acharnement au gain.
À trop l’aimer, l’homme détruit souvent l’objet de son amour.
Les hommes ne sont pas faits pour s’aimer – malgré le mot d’ordre bien connu. Alors il faut qu’ils s’aident à survivre sans l’amour.
Des plaisirs sans choix dégradent l’homme, des plaisirs coupables le corrompent ; mais l’amour sans passion ne l’avilit point.
La plupart des hommes du monde, par vanité, par méfiance, par crainte du malheur ne se livrent à aimer une femme qu’après l’intimité.
Pour un homme, aimer, c’est cueillir la beauté d’une femme, la mettre sous serre, pour qu’elle s’y sente à l’abri et la chérir… Jusqu’à ce que le temps la fane, alors les hommes repartent cueillir d’autres cœurs.
L’amour des hommes est bas, mais il s’élève en pentes douloureuses et mène à Dieu.
Les hommes se lassent d’aimer, mais ne se lassent pas de se haïr.
Quand on veut obtenir quelque chose de l’amour-propre d’un homme, il faut sauver à l’amour-propre de cet homme jusqu’à l’apparence de la souffrance.
La plus grande faiblesse de la plupart des hommes est leur réticence à dire aux autres combien ils les aiment pendant qu’ils sont en vie.

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