Des plaisirs sans choix dégradent l’homme, des plaisirs coupables le corrompent ; mais l’amour sans passion ne l’avilit point.
Écrivain, 1770-1846Des plaisirs sans choix dégradent l’homme, des plaisirs coupables le corrompent ; mais l’amour sans passion ne l’avilit point.
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Obermann (1804), chapitre LXIII
Des plaisirs sans choix dégradent l’homme, des plaisirs coupables le corrompent; mais l’amour sans passion ne l’avilit point.Il y a un âge pour aimer et jouir, il y en a un pour jouir sans amour. Le cœur n’est pas toujours jeune, et même, s’il l’est encore, il ne rencontre pas toujours ce qu’il peut vraiment aimer.
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Le plaisir d’aimer sans l’oser dire a ses peines, mais aussi il a ses douceurs.
Le plaisir est l’ennemi du bonheur.
Le plaisir, sa recherche comme son refus, préoccupe également l’homme et la femme.
Pour aller au bout du plaisir, il faut aimer plus que le plaisir.
Les courtes peines, et qui sont suivies de bonheur, ne détruisent pas le goût des plaisirs, au contraire, elles l’aiguisent.
Ne rien aimer, ce n’est pas vivre ; n’aimer que faiblement, c’est languir plutôt que vivre. Toutes les plus folles passions qui transportent les hommes ne sont que le vrai amour déplacé, qui s’est égaré loin de son centre.
Le plaisir est pour le corps, le bien pour l’âme. Plaisir et Bien coïncident rarement.
C’est dans l’irrégularité, la clandestinité, le cambriolage que le plaisir est intense ; pas dans la préméditation.
Le plaisir des sens doit-il donc rendre un homme meilleur que les autres plaisirs de la vie ?
Le plaisir donné est bien plus grand que le plaisir reçu. Il en peut être autrement chez beaucoup d’hommes : mais qui jamais s’avisera, en amour, de parler pour cette populace que notre morale cessera peut-être de produire ?

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