La paresse et la crainte de se compromettre ont introduit l’honnêteté dans la dispute.
Écrivain, 1715-1747 Image : Charles-Amédée Colin, CC0, Wikimedia Commons La paresse et la crainte de se compromettre ont introduit l’honnêteté dans la dispute.
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Œuvres de Vauvenargues (1857), Texte entier, 834
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Grandir, ce n’est pas seulement empiler des années et faire semblant d’être un roc, c’est aussi accumuler assez d’honnêteté pour ne plus avoir honte d’avouer, et surtout, de s’avouer ses peurs.
La politesse et la franchise marchent de front, là où l’une est déplacée l’autre l’est également. Alors, il ne reste que le silence, cette frêle cloison entre la chose mal cachée et la chose mal dite, entre le mensonge maladroit et le mensonge nécessaire.
Toute certitude qui se retire de notre conscience la soulage au début, puis l’alourdit d’une nouvelle interrogation.
C’est en se heurtant à du silence qu’on épuise le plus sûrement ses dons d’éloquence et de persuasion.
Le silence devient lâcheté lorsque l’occasion exige de dire toute la vérité et d’agir en conséquence.
L’habitude de la défiance et du mensonge figeaient ses traits dès qu’il cachait un sentiment vif.
La peur appelle la résistance et la complicité appelle la confiance.
La sincérité est une ouverture de cœur. On la trouve en fort peu de gens, et celle que l’on voit d’ordinaire n’est qu’une fine dissimulation pour attirer la confiance des autres.
L’irrévérence est parallèle à l’esprit de critique, la ruse à la circonspection.
Il faut être discret quand on parle de son bonheur, et l’avouer comme si l’on se confessait d’un vol.

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