- La joie n’a pas de nuances : ce n’est qu’une dilatation du coeur. L’auteur d’un chef-d’oeuvre applaudi et une petite femme qui fait de l’équilibre sur du fil de fer, dans un cirque, jouissent pareillement de leur gloire.
- Une femme intelligente doit nous laisser nos rêves.
- Il faut tout dire : le travail donne une satisfaction un peu béate. Il y a dans la paresse un état d’inquiétude qui n’est pas vulgaire, et auquel l’esprit doit peut-être ses plus fines trouvailles.
- L’amour est un crime qui ne se commet jamais seul.
- L’amour est un mensonge que deux personnes décident de croire ensemble.
- La vieillesse arrive brusquement, comme la neige. Un matin au réveil, on s’aperçoit que tout est blanc.
- Il n’y a plus que la peur de mort qui les retienne à la vie.
- Le plus grand homme n’est qu’un enfant que la vie a trompé.
- Ce n’est pas difficile, d’être exquis de temps en temps; mais l’être tout sa vie !...
- Lis toutes les biographies des grands morts, et tu aimeras la vie.
- La nostalgie que nous avons des pays que nous ne connaissons pas n’est peut-être que le souvenir de régions parcourues en des voyages antérieurs à cette vie.
- Bucoliques. Le feu de bois. Toute cette fête, toute cette vie ! Puis cette agonie, puis cette mort, cette déboulée des bûches.
- Le théâtre n’est qu’un jeu qui se donne des airs de vie.
- La vie mène à tout, à condition d’en sortir.
- Peu importe de faire des fautes de français quand on ne sait pas la langue; mais, quand on la sait, pourquoi s’entêter ? Les fautes voulues n’ont pas de valeur.
- Au travail, le plus difficile, c’est d’allumer la petite lampe du cerveau et après, ça brûle tout seul.
- La peur de l’ennui est la seule excuse du travail.
- C’est un travail curieux que de démêler chez un jeune les influences des arrivés. Que de mal on se donne avant de prendre son originalité chez soi, tout simplement !
- Il faut bien pardonner leurs caprices aux actrices de talent, car les pauvres femmes sans talent ont les mêmes.
- Suicide. On ne voit rien du tombeau, des horreurs de la mort, mais on a le désir infini de se mêler à la tristesse attirante des choses.
- Les nuages au couchant font faire arrosoir au soleil.
- Le matin, chaque grande herbe porte une toile d’araignée comme une petite voile. Le soleil paraît, et tout sombre.
- Le silence était si absolu que je me croyais sourd.
- On vieillit peut-être plus vite quand on est mort.
- Une fois mariée, la femme se fane. Elle n’a plus ni jolité, ni coquetterie. Elle ne se soigne plus. Elle s’habille pour vivre dans l’arrière-boutique.
- Féminisme. Oui, je crois qu’il est convenable, avant que de faire un enfant à une femme, de lui demander si elle le veut.
- Charité hypocrite qui donne six sous pour avoir vingt francs de gratitude.
- La guerre n’est peut-être que la revanche des bêtes que nous avons tuées.
- Le meilleur interviewer est celui qui dit que j’ai un oeil d’aigle et une crinière de lion.
- Quand on lit le récit d’une vie "exemplaire" comme celle de Balzac, on arrive toujours au récit de la mort. A quoi bon ?
- Moi et toi, cochon, nous ne serons estimés qu’après notre mort.
- A la mort d’un ancien, on est comme sur une écluse : on change de niveau.
- Quelle disproportion entre la valeur réelle d’une actrice et sa gloire, entre sa besogne et le bruit qu’elle fait, et comme il est juste qu’il ne reste rien d’elle après sa mort !
- Si, à votre gré, je n’ai pas encore assez de talent, supposez que je sois mort, et tout à coup votre estime et mon talent seront au pair.
- La peur est une brume de sensations.
- En France, le deuil des convictions se porte en rouge et à la boutonnière.
- Rien n’est éternel, pas même la reconnaissance.
- Leur goût du travail, c’est de ne pas pouvoir « rester à rien faire ».
- Le train, l’automobile du pauvre. Il ne lui manque que de pouvoir aller partout.
- A vingt-six ans, on a tellement appétit du neuf et peur de se répéter qu’on ne se sert jamais de ses notes.