Bucoliques. Le feu de bois. Toute cette fête, toute cette vie ! Puis cette agonie, puis cette mort, cette déboulée des bûches.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Bucoliques. Le feu de bois. Toute cette fête, toute cette vie ! Puis cette agonie, puis cette mort, cette déboulée des bûches.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Journal 1887-1910 (1887)
Le texte original diffère de quelques mots.
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
O malheur insensé, sans regret, sans angoisse ! De telles flammes, déchirantes et fêlées, me voici brûlant du désir de brûler. Entre la mort et la douleur physique – et le plaisir, plus profond que la mort et la douleur – je me traîne dans une nuit chagrine, à la limite du sommeil.
Automne canadien. Ardente et transparente agonie des feuillages : le baiser du soleil après la morsure du gel. Puisse notre mort ressembler à celle de ces feuilles d’érable : se laisser successivement briser par la douleur et transfigurer par la grâce…
La vie a, comme un feu, fumée, flamme et cendre.
On entre, on crie, et c’est la vie ; On bâille, on sort, et c’est la mort.
Telle vie telle mort.
Dans la plaine
Naît un bruit.
C’est l’haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu’une flamme
Toujours suit.
Ainsi va le monde, messieurs-Dames. Voilà, voilà, comment il tourne. Du sang, de la boue et des larmes. Argent, pouvoir, paquet d’embrouilles.
Sur le Noël, morte saison,
Que les loups se vivent de vent…
Quand un homme allume du feu, la mort est chez lui avant qu’il soit éteint.
Le cœur happé du feu de l’enthousiasme devient étranger à tout sentiment terrestre ; il ressemble à ces lieux consacrés par la foudre, où les anciens n’osaient plus ni marcher ni bâtir.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.