Le train, automobile du pauvre. Il ne lui manque que de pouvoir aller partout.
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons Le train, automobile du pauvre. Il ne lui manque que de pouvoir aller partout.
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Journal, 1887-1910
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Le train entrait en gare, soufflant et crachant comme un gros chat en colère.
Dans les accidents de chemin de fer, c’est toujours le dernier wagon le plus dangereux. C’est pour cela qu’on l’a supprimé.
Ma vie semble suivre une voie qui ne me correspond pas – je suis le passager d’un train, mais je n’ai aucune idée du chemin qu’il prend ni de sa destination finale.
Notre vie est un voyage constant, de la naissance à la mort. Le paysage change, les gens changent, les besoins se transforment, mais le train continue. La vie, c’est le train, ce n’est pas la gare.
La pègre est de nature et de nécessité voyageuse, le sol honnête lui manque toujours sous le pied.
Celui qui paye tous les jours le métro ou le bus ne sera jamais contrôlé. S’il resquille une fois parce qu’il a oublié son argent chez lui, il le sera.
Le secret du voyage est dans l’attente et nulle part ailleurs.
C’est n’être nulle part que d’être partout. Ceux dont la vie se passe à voyager finissent par avoir des milliers d’hôtes et pas un ami.
Quelle vie ! La beauté du paysage, le succès de leur entreprise ne pouvaient en aucun cas compenser l’ennui de leur train-train quotidien.
Un seul être vous manque et tout est dépeuplé.

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