C’est un travail curieux que de démêler chez un jeune les influences des arrivés. Que de mal on se donne avant de prendre son originalité chez soi, tout simplement !
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- Il faut tout dire : le travail donne une satisfaction un peu béate. Il y a dans la paresse un état d’inquiétude qui n’est pas vulgaire, et auquel l’esprit doit peut-être ses plus fines trouvailles.
- Il nous vient souvent l’envie de changer notre famille naturelle contre une famille littéraire de notre choix, afin de pouvoir dire à tel auteur d’une page touchante : "frère".
- Je n’ai que vingt arpents, répondit le Turc; je les cultive avec mes enfants; le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice, et le besoin.
- L’inspiration est largement surestimée. Si vous restez assis et attendez que les nuages se séparent, cela ne risque pas d’arriver. Le plus souvent, le travail est salvateur.
- Il y a le cadeau, il y a l’esprit, et il y a le travail - tous les trois doivent se réunir. Si l’une de ces choses est manquante, cela peut vous empêcher de devenir ce que vous étiez censé être.
- Toute obligation, même la plus douce, pèse au jeune âge : il faut avoir expérimenté la vie pour reconnaître la nécessité d’un joug et celle du travail.
- C’est fou ce que les hommes ont le goût du travail inutile, du plaisir imbécile, comme ils aiment s’entourer de signes qui prolongent leur enfance, peut-être la seule période rassurante de leur vie.
- En travaillant, on ne pense plus à l’âge qu’on a..., mais cela ne préjuge pas de la qualité du travail. Le travail qui fait oublier l’âge et les maux peut très bien n’être que bousillage.
- C’est vrai il y a eu une génération où le voyage faisait partie d’une réelle initiation à la vie, le passage de l’adolescence à la vie d’homme. Mais pour nous, rien. Ah si, j’oubliais : la première capote. Ca a été notre initiation à nous.
- Occupez-vous des petites choses et les grandes se feront d’elles-mêmes. Tout le monde entend dire cela quand il est enfant. Peu de gens mettent cet adage en pratique.
- Je vois toujours où je n’ai pas fait les choses de la bonne façon. Je ne vois que le gros du travail. C’est un peu de ma sagesse, si vous voulez l’appeler ainsi.
- C’est si doux, les vieilles habitudes, même celles qui vous oppriment. Plutôt un malheur familier que ces nouveautés insolites, et cet effort encore pour comprendre, lorsqu’on atteint, rompu, la fin de la journée.
- Parfois il faut savoir être une salope pour que le travail soit fait.
- Une chose folle et qui découvre bien notre petitesse, c’est l’assujettissement aux modes quand on l’étend à ce qui concerne le goût, le vivre, la santé et la conscience.
- Fuguer tôt est banal. Se quitter à la fin de l’adolescence avec la certitude que l’on ne renouera pas avec son histoire personnelle, que l’on part très loin pour ne plus revenir, que l’on se soustrait au monde réel, est beaucoup moins fréquent.