- On n’a jamais fait croire des sottises aux hommes que pour les soumettre.
- J’ai toujours fait une prière à Dieu, qui est fort courte. La voici : «Mon Dieu, rendez nos ennemis bien ridicules ! » Dieu m’a exaucé.
- J’ai fait un peu de bien; c’est mon meilleur ouvrage.
- Nous l’avons vu mourir (le duc de Lauzun) fort âgé et oublié comme il arrive à tous ceux qui n’ont eu que de grands événements sans avoir fait de grandes choses.
- Le despote arrache l’arbre, le sage monarque l’ébranche.
- Si quelquefois l’innocent badinage - Vient en riant égayer mon ouvrage, - Quand il le faut, je suis très sérieux. - Mais je voudrais n’être pas ennuyeux.
- Non, non, l’autorité ne veut point de partage.
- Les sots admirent tout dans un auteur estimé. Je ne lis que pour moi; je n’aime que ce qui est à mon usage.
- Chacun n’aurait que cinq louis d’or par an ? - Pas davantage, suivant notre calcul, que j’ai un peu enflé.
- Dieu fit la douce illusion - Pour les heureux fous du bel âge; - Pour les vieux fous, l’ambition, - Et la retraite pour le sage.
- Crois-moi, la liberté, que tout mortel adore, - Que je veux leur ôter, mais que j’admire encore, - Donne à l’homme un courage, inspire une grandeur, - Qu’il n’eût jamais trouvés dans le fond de son coeur.
- Jeanne écoutait; que ne peut l’éloquence ! Toujours l’oreille est le chemin du coeur.
- Je ne crois pas que Pollion soit fâché de mes contre-critiques; mais je crois que vous voyez tous deux combien l’art des vers et l’art de juger sont difficiles. Plus on connaît l’art, plus on en sent les épines.
- La plupart des arts étaient négligés. Il me semble aussi qu’on s’était fait une loi de ne point citer; mais un dictionnaire sans citation est un squelette.
- Rien n’est plus aisé à faire qu’un mauvais livre, si ce n’est une mauvaise critique.
- Que mon bonheur est empoisonné ! Que la vie est courte ! Qu’il est triste de chercher le bonheur loin de vous ! Et que de remords si on le trouve !
- L’ingratitude est un crime odieux.
- Quand on a tout perdu, quand on n’a plus d’espoir, - La vie est un opprobre, et la mort un devoir.
- Un juge qui, autorisé par la loi à punir d’une moindre peine, prononce la peine de mort, est un assassin et un barbare.
- Notre existence est un point, notre durée un instant, notre globe un atome. A peine a-t-on commencé à s’instruire un peu que la mort arrive avant qu’on ait de l’expérience.
- La paix est dans ta bouche, et ton coeur en est loin : Penses-tu me tromper ?
- C’est bien en vain que, par l’orgueil séduits, huet, calmet, dans leur savante audace, du paradis ont recherché la place : Le paradis terrestre est où je suis.
- Le paradis terrestre est où je suis.
- Un esprit cultivé ne nuit point au courage.
- J’ai un peu voyagé; j’ai vu des mortels fort au-dessous de nous, j’en ai vu de fort supérieurs; mais je n’en ai vu aucuns qui n’aient plus de désirs que de vrais besoins, et plus de besoins que de satisfaction.
- Quand on ne voyage qu’en passant, on prend les abus pour les lois du pays.
- C’est une autre espèce de folie, dit Martin. Vous savez que ces deux nations sont en guerre pour quelques arpents de neige vers le Canada, et qu’elles dépensent pour cette belle guerre beaucoup plus que tout le Canada ne vaut.
- Je n’ai que vingt arpents, répondit le Turc; je les cultive avec mes enfants; le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice, et le besoin.
- Son esprit est partout et son coeur est ici.
- La populace toujours extrême, toujours barbare quand on lui lâche la bride, va déterrer le corps de Concini, inhumé à St Germain l’Auxerrois, le traîne dans les rues, lui arrache le coeur.
- Vous avez dans Paris un Hôtel-Dieu où règne une contagion éternelle, où les malades entassés les uns sur les autres, se donnent réciproquement la peste et la mort.
- Qui nous a donné le sentiment du juste et de l’injuste ? Dieu, qui nous a donné un cerveau et un coeur. Mais quand votre raison vous apprend-elle qu’il y a vice et vertu ? Quand elle nous apprend que deux et deux font quatre.
- Il y avait autrefois un grain de sable qui se lamentait d’être un atome ignoré dans le désert; au bout de quelques années il devint diamant, et il est à présent le plus bel ornement de la couronne du roi des Indes.
- On dit que Dieu est toujours pour les gros bataillons.
- Au reste, je pense qu’il est toujours très bon de soutenir la doctrine de l’existence d’un Dieu rémunérateur et vengeur; la société a besoin de cette opinion. Je ne sais si vous connaissez ce vers : Si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer.
- Nos deux yeux ne rendent pas notre condition meilleure; l’un nous sert à voir les biens, et l’autre les maux de la vie. Bien des gens ont la mauvaise habitude de fermer le premier, et bien peu ferment le second.
- Ces maudits éditeurs veulent imprimer tout : ce sont des corbeaux qui s’acharnent sur les morts, comme l’envie sur les vivants.
- Les hommes sont dévorés de plus d’envie, de soins, et d’inquiétudes, qu’une ville assiégée n’éprouve de fléaux.
- Je ne sais rien de si ridicule qu’un médecin qui ne meurt pas de vieillesse.
- Si Corneille a manqué à son art dans les détails, il a rempli le grand projet de tenir les esprits en suspens, et d’arranger tellement les événements, que personne ne peut deviner le dénouement de cette tragédie.
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