Les hommes sont dévorés de plus d’envie, de soins, et d’inquiétudes, qu’une ville assiégée n’éprouve de fléaux.
Philosophe, 1694-1778 Image : Nicolas de Largillière, CC0, Wikimedia Commons Les hommes sont dévorés de plus d’envie, de soins, et d’inquiétudes, qu’une ville assiégée n’éprouve de fléaux.
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Source vérifiée
Candide, ou l’Optimisme (1759), chapitre 20
… Un million d’assassins enrégimentés, courant d’un bout de l’Europe à l’autre, exerce le meurtre et le brigandage avec discipline pour gagner son pain, parce qu’il n’a pas de métier plus honnête; et dans les villes qui paraissent jouir de la paix, et où les arts fleurissent,les hommes sont dévorés de plus d’envie, de soins et d’inquiétudes, qu’une ville assiégée n’éprouve de fléaux.Les chagrins secrets sont encore plus cruels que les misères publiques. En un mot, j’en ai tant vu et tant éprouvé que je suis manichéen. — Il y a pourtant du bon, répliquait Candide. — Cela peut être, disait Martin; mais je ne le connais pas. »
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Il faut se demander ce qui porte le plus gravement atteinte à l’âme des hommes d’aujourd’hui : leur passion aveuglante de l’argent ou leur hâte fébrile ?
La plupart des hommes emploient la meilleure partie de leur vie à rendre l’autre misérable.
La maladie éteint dans quelques hommes le courage, dans quelques autres la peur, et jusqu’à l’amour de la vie.
L’homme souffre davantage du bonheur des autres que de son propre malheur.
Tout homme, pourvu qu’il soit courageux au travail comme au danger, en vaut n’importe quel autre et (…) seule la vie faussée des villes permet aux pleutres et aux inutiles d’en imposer à de meilleurs qu’eux.
Ils craignoient de rencontrer des hommes, et si avoient peur de n’en rencontrer point pour la grande faulte et necessité qu’ilz avoient de vivres.
À partir du moment où l’on estime qu’il n’y a pas de hiérarchie entre les hommes, on ne peut accepter que les conditions de vie de certains soient misérables.
En général, les hommes, même en ce pays relativement libre, sont tout simplement, par suite d’ignorance et d’erreur, si bien pris par les soucis factices et les travaux inutilement rudes de la vie, que ses fruits plus beaux ne savent être cueillis par eux.
Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser.
L’homme a dans son pauvre cœur des endroits qui n’existent pas encore et où la douleur entre afin qu’ils soient.

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