La plupart des hommes emploient la meilleure partie de leur vie à rendre l’autre misérable.
Écrivain, 1645-1696 Image : Élisabeth Louise Vigée Le Brun / After Pierre Drevet / After Jean Dieu de Saint-Jean, Domaine public, Wikimedia Commons La plupart des hommes emploient la meilleure partie de leur vie à rendre l’autre misérable.
Écrivain, 1645-1696 Image : Élisabeth Louise Vigée Le Brun / After Pierre Drevet / After Jean Dieu de Saint-Jean, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Les Caractères (1688), De l’Homme
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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L’homme souffre davantage du bonheur des autres que de son propre malheur.
La plupart des hommes jugent votre importance dans la vie par combien vous pouvez leur faire mal.
Il y a des hommes qui préfèrent la solitude… Pour vivre davantage leurs propres remords et leur propre tristesse.
Partout, les hommes se résignent aux sacrifices les plus durs plutôt que de se passer de gouvernement, partant de sécurité, et l’on ne saurait dire qu’en agissant ainsi, ils calculent mal.
Le regret qu’ont les hommes du mauvais emploi du temps qu’ils ont déjà vécu, ne les conduit pas toujours à faire de celui qui leur reste à vivre un meilleur usage.
Les hommes sont dévorés de plus d’envie, de soins, et d’inquiétudes, qu’une ville assiégée n’éprouve de fléaux.
Le plus mâchant des hommes est celui qui s’isole le plus, qui concentre le plus son cœur en lui-même ; le meilleur est celui qui partage également ses affections à tous ses semblables.
Le pire de tout c’est l’habitude. L’homme perd son humanité et l’énormité de la douleur d’autrui ne compte plus pour lui.
Il n’y a rien que les hommes aiment mieux à conserver et qu’ils ménagent moins que leur propre vie.
Les hommes, déformés par les abstractions, disposent de plus de moyens pour se haïr que pour s’aimer.

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