Informations sur Charles Baudelaire
- Pour digérer le bonheur naturel comme l’artificiel, il faut d’abord avoir le courage de l’avaler.
- Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu’il peut à sa guise être lui-même et autrui. Comme ces âmes errantes qui cherchent un corps, il entre, quand il veut, dans le personnage de chacun.
- Toute littérature dérive du péché.
- Ce qu’il y a d’ennuyeux dans l’amour, c’est que c’est un crime où l’on ne peut pas se passer d’un complice.
- Là, tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté.
- Ce que les Orientaux appellent le Kief, c’est le bonheur absolu. Ce n’est plus quelque chose de tourbillonnant et tumultueux. C’est une béatitude calme et immobile.
- C’est cette horreur de la solitude, le besoin d’oublier son moi dans la chair extérieure, que l’homme appelle noblement besoin d’aimer.
- Le beau est toujours bizarre... Il contient toujours un peu de bizarrerie naïve, non voulue, inconsciente, c’est son immatriculation, sa caractéristique.
- C’est l’imagination qui a enseigné à l’homme le sens moral de la couleur, du contour, du son et du parfum. Elle a créé, au commencement du monde, l’analogie et la métaphore.
- Aimer une femme intelligente est un plaisir de pédéraste.
- Quand un chanteur met la main sur son coeur, cela veut dire d’ordinaire : je t’aimerai toujours !
- Point de chagrins de famille; point de douleurs d’amour.
- Ces robes folles sont l’emblème De ton esprit bariolé; Folle dont je suis affolé, je te hais autant que je t’aime !
- La modernité, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable. Il y a eu une modernité pour chaque peintre ancien.
- Le mal se fait sans effort, naturellement, par fatalité; le bien est toujours le produit d’un art.
- Il n’est pas donné à chacun de prendre un bain de multitude : jouir de la foule est un art.
- La musique souvent me prend comme une mer.
- Ce que la bouche s’accoutume à dire, le coeur s’accoutume à le croire.
- Le dessin est une lutte entre la nature et l’artiste. Il ne s’agit pas pour lui de copier, mais d’interpréter.
- Avis aux non-communistes : tout est commun, même Dieu.
- Dieu, le solitaire par excellence.
- Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance comme un divin remède à nos impuretés !
- Horloge ! Dieu sinistre, effrayant, impassible, dont le doigt nous menace et nous dit : "Souviens-toi" !
- C’est le soir qui soulage Les esprits que dévore une douleur sauvage, le savant obstiné dont le front s’alourdit, et l’ouvrier courbé qui regagne son lit.
- Ah ! Seigneur ! Donnez-moi la force et le courage de contempler mon coeur et mon corps sans dégoût !
- C’est toujours le gouvernement précédent qui est responsable des moeurs du suivant, en tant qu’un gouvernement puisse être responsable de quoi que ce soit.
- Mais en Dieu il n’y a rien de fini : en Dieu, il n’y a rien de transitoire; en Dieu il n’y a rien qui tende vers la mort. Il s’ensuit que pour Dieu le présent n’existe pas.
- Celui qui veut unir dans un accord mystique L’ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour, ne chauffera jamais son corps paralytique A ce rouge soleil que l’on nomme l’amour !
- Il était tard; ainsi qu’une médaille neuve La pleine lune s’étalait, et la solennité de la nuit, comme un fleuve Sur Paris dormant ruisselait.
- O douleur ! O douleur ! Le Temps mange la vie, et l’obscur Ennemi qui nous ronge le coeur Du sang que nous perdons croît et se fortifie !
- Maintenant je sais ce qu’est le bonheur : c’est de pouvoir continuer à espérer.
- Mon chat sur le carreau cherchant une litière Agite sans repos son corps maigre et galeux; L’âme d’un vieux poète erre dans la gouttière Avec la triste voix d’un fantôme frileux.
- Sois belle ! Et sois triste ! Les pleurs Ajoutent un charme au visage, comme le fleuve au paysage.
- Pour être juste, c’est-à-dire pour avoir sa raison d’être, la critique doit être partiale, passionnée, politique, c’est-à-dire faite à un point de vue exclusif, mais au point de vue qui ouvre le plus d’horizons.
- C’est un des privilèges prodigieux de l’Art que l’horrible, artistement exprimé, devienne beauté, et que la douleur rythmée et cadencée remplisse l’esprit d’une joie calme.
- Le prêtre est immense parce qu’il fait croire à une foule de choses étonnantes.
- Mon enfant, ma soeur, - Songe à la douceur - D’aller là-bas vivre ensemble ! - Aimer à loisir, - Aimer et mourir - Au pays qui te ressemble ! - - Là tout n’est qu’ordre et beauté, - Luxe, calme et volupté.
- La vraie musique suggère des idées analogues dans des cerveaux différents.
- La Musique creuse le ciel.
- La femme est fatalement suggestive; elle vit d’une autre vie que la sienne propre, elle vit spirituellement dans les imaginations.
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