La femme est fatalement suggestive ; elle vit d’une autre vie que la sienne propre, elle vit spirituellement dans les imaginations.
Poète, 1821-1867 Image : Notwist, Domaine public, Wikimedia Commons La femme est fatalement suggestive ; elle vit d’une autre vie que la sienne propre, elle vit spirituellement dans les imaginations.
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Source vérifiée
Les Paradis artificiels (1860), À J. G. F.
À des esprits niais il paraîtra singulier, et même impertinent, qu’un tableau de voluptés artificielles soit dédié à une femme, source la plus ordinaire des voluptés les plus naturelles. Toutefois il est évident que comme le monde naturel pénètre dans le spirituel, lui sert de pâture et concourt ainsi à opérer cet amalgame indéfinissable que nous nommons notre individualité, la femme est l’être qui projette la plus grande ombre ou la plus grande lumière dans nos rêves.La femme est fatalement suggestive; elle vit d’une autre vie que la sienne propre; elle vit spirituellement dans les imaginationsqu’elle hante et qu’elle féconde.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Une femme épanouie vit au présent ce qu’elle a rêvé jadis.
Avec la superstition des âmes que la solitude a rendues farouches, elle s’imaginait confusément que tous les actes de sa vie étaient prescrits d’avance par une volonté inconnue.
Une femme mystérieuse est aussi une femme qui a une certaine maturité et dont les actions parlent plus fort que les mots. Toute femme peut en être une si elle garde ces deux points à l’esprit. Elle devrait grandir et se taire.
S’il est si difficile d’oublier une femme auprès de laquelle on a trouvé le bonheur, c’est qu’il est certains moments que l’imagination ne peut se lasser de représenter et d’embellir.
Il en est ainsi de la vie. Elle n’a de foi qu’en elle-même. Quand aucune pensée ne l’entrave elle va contre toute raison sans autre but que d’être encore, un jour, une heure, un pas de plus.
Il n’y a pas d’être plus malheureux sous le soleil qu’un fétichiste qui languit après une bottine et qui doit se contenter d’une femme entière.
Un mot de curé d’ici, parlant d’une femme qui accouche tous les ans : « Cette femme est comme un confessionnal, il y a toujours du monde. ».
Le danger pour beaucoup d’âmes est de regarder la vie, de la penser et de goûter cette pensée sans la vivre.
Glissant aux choses religieuses comme par un attirement irrésistible à la pente d’un doux abîme, elle s’abandonnait à l’angoisse et à la langueur d’une conscience absolument découragée.
On est plus méchant et plus lâche en rêve qu’au réveil. Et peut-être que cette vie elle-même n’est que le rêve d’une autre vie, où l’amour serait sans cruauté, l’amitié sincère ; où les croyants croiraient à leur croix, les poètes à leur délire.

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