Ces robes folles sont l’emblème De ton esprit bariolé ; Folle dont je suis affolé, je te hais autant que je t’aime !
Poète, 1821-1867 Image : Notwist, Domaine public, Wikimedia Commons Ces robes folles sont l’emblème De ton esprit bariolé ; Folle dont je suis affolé, je te hais autant que je t’aime !
Poète, 1821-1867 Image : Notwist, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Les Fleurs du mal (1857), À celle qui est trop gaie
Les retentissantes couleurs Dont tu parsèmes tes toilettes Jettent dans l’esprit des poètes L’image d’un ballet de fleurs.Ces robes folles sont l’emblême De ton esprit bariolé; Folle dont je suis affolé, Je te hais autant que je t’aime!Quelquefois dans un beau jardin, Où je traînais mon atonie, J’ai senti comme une ironie Le soleil déchirer mon sein; Et le printemps et la verdure Ont tant humilié mon cœur Que j’ai puni sur une fleur L’insolence de la nature. …
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Familles ! Je vous hais ! Foyers clos ; portes refermées, possessions jalouses du bonheur.
Aime-moi comme la taupe aime son obscurité Et la tigresse le cerf craintif ; Amour et peur soient tes deux amours ! Aime-moi et soulève ton masque !
Ruisselant de perles ou d’ordures, le vêtement de la femme n’est pas un voile ordinaire. C’est un symbole très mystique de l’impénétrable Sagesse où l’Amour futur s’est enseveli.
Ah ! jalouse entre les jalouses ! Si belle avec ce cœur d’acier !
Je t’aime comme un être au-dessus de ma vie, comme une antique aïeule aux prévoyants discours, comme une sœur craintive, à mes maux asservie, comme un dernier enfant, qu’on a dans ses vieux jours !
Aïe ! Au cœur, quel pincement bizarre ! Baiser, festin d’amour, dont je suis le Lazare !
Oui, te voilà, c’est toi, ma blonde, c’est toi, ma maîtresse et ma sœur ! Et je sens, dans la nuit profonde, de ta robe d’or qui m’inonde Les rayons glisser dans mon cœur.
Faisons l’amour. Nos deux cerveaux seront genoux. Femme, ouvre-toi, que je m’accroche à ton squelette. Mêlons nos chairs. Si mes poèmes sont jaloux, egorgeons-les ; ce n’est pas moi qui les regrette.
Des papillons dans le ventre. Sourire idiot. Regard brillant. C’est ça, l’amour, non ?
Pourquoi ton corps qui sombre Ton corps qui disparaît Et n’est plus sur le quai Qu’une fleur sur une tombe Pourquoi ces prochains jours Où je devrais penser A ne plus m’habiller Que d’une moitié d’amour.

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