C’est l’imagination qui a enseigné à l’homme le sens moral de la couleur, du contour, du son et du parfum. Elle a créé, au commencement du monde, l’analogie et la métaphore.
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- C’est un des privilèges prodigieux de l’Art que l’horrible, artistement exprimé, devienne beauté, et que la douleur rythmée et cadencée remplisse l’esprit d’une joie calme.
- La couleur est par excellence la partie de l’art qui détient le don magique. Alors que le sujet, la forme, la ligne s’adressent d’abord à la pensée, la couleur n’a aucun sens pour l’intelligence, mais elle a tous les pouvoirs sur la sensibilité.
- L’art du caricaturiste est de saisir ce mouvement parfois imperceptible, et de le rendre visible à tous les yeux en l’agrandissant.
- Les connaissances qui garnissent la plupart de nos jeunes têtes sont comme les couleurs sur les ailes du papillon; brillantes, mais éphémères.
- L’art nous fait appréhender le réel à travers une expérience subjective. Avec la science, la connaissance de l’univers évolue d’étape en étape, comme si elle gravissait les degrés d’un escalier sans fin, chacune réfutant souvent celle qui l’a précédée, au nom de vérités particulières objectives. En art, la connaissance est toujours une vision nouvelle et unique de l’univers, un hiéroglyphe de la vérité absolue. Elle est reçue comme une révélation, ou un désir spontané et brûlant d’appréhender intuitivement toutes les lois qui régissent le monde : sa beauté et sa laideur, sa douceur et sa cruauté, son infinité et ses limites.
- L’art est le langage des sensations, qu’il passe par les mots, les couleurs, les sons ou les pierres.
- Ce sentiment océanique d’étonnement et d’admiration est la source de la mystique, de la science pure et de l’art pour l’art; c’est leur commun dénominateur, leur lien affectif.
- Je définis la culture ainsi : c’est tout ce que les hommes ont imaginé pour façonner le monde, pour s’accommoder du monde et pour le rendre digne de l’homme.
- Et quand l’art nous convie au festin émerveillé, parfois il se pare de la mélancolie qui s’attache à la connaissance de notre finitude. Cette association secrète entre deux sentiments qu’on aurait pu croire contradictoires nous indique que l’émerveillement est souvent composite.
- Le miracle des hommes, c’est d’avoir obtenu d’une fonction un plaisir raffiné, et d’avoir créé un art d’aimer à son tour générateur de l’Amour dans l’Art.
- On raconte que Dieu a créé l’homme à son image : il nous a donné là une piètre idée de ses charmes.
- L’homme est deux fois ensorcelé : par l’évolution qui façonne son monde et suscite la pensée qui façonne son monde.
- Dieu créa les nuits qui engendrent - Les rêves, et les formes des miroirs - Pour que l’homme sente qu’il est reflet lui-même - Et vanité. Aussi en sommes-nous alarmés.
- La culture du résultat s’est inscrite dans nos systèmes de pensée. Sans que la morale y soit toujours associée. On a prôné la satisfaction à tout prix.
- La pensée appartient au monde créé, alors que l’intuition appartient au monde créateur. La première est soumise au temps, la seconde lui échappe. La pensée sert simplement à transmettre ce que l’intuition lui inspire.