L’homme est deux fois ensorcelé : par l’évolution qui façonne son monde et suscite la pensée qui façonne son monde.
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- Tout innovateur est un transgresseur puisqu’il met dans la culture une pensée qui n’y était pas avant lui. Il est donc admiré par ceux qui aiment les idées nouvelles, et détesté par ceux qui se plaisent à réciter les idées admises.
- Les animaux nous apprennent que le monde humain, sans cesse inventé, restera sans cesse à inventer. C’est dans ce travail de création que réside notre transcendance et notre aptitude à la folie. Car la folie, c’est peut-être le prix de notre liberté.
- Le monde animal et le monde végétal ne sont pas utilisés seulement parce qu’ils sont là, mais parce qu’ils proposent à l’homme une méthode de pensée.
- Ce sont les pensées d’un homme qui déterminent sa vie.
- La pensée appartient au monde créé, alors que l’intuition appartient au monde créateur. La première est soumise au temps, la seconde lui échappe. La pensée sert simplement à transmettre ce que l’intuition lui inspire.
- C’est à ne pas penser que la pensée de l’homme s’use; et c’est celui qui pense peu qui se prévaut de certitudes.
- L’homme connaît le monde en le transformant et le transforme en le connaissant.
- La nature fait les hommes semblables, la vie les rend différents.
- A chaque siècle, les hommes, pour épicer la vie, aliment amer au goût, la relèvent d’idées nouvelles qui finalement la rendent encore plus indigeste.
- Si tu veux que l’humanité progresse, jette bas toute idée préconçue. La pensée ainsi frappée s’éveille et devient créatrice. Sinon, elle se fixe dans une répétition mécanique qu’elle confond avec sa vraie activité.
- Je définis la culture ainsi : c’est tout ce que les hommes ont imaginé pour façonner le monde, pour s’accommoder du monde et pour le rendre digne de l’homme.
- On raconte que Dieu a créé l’homme à son image : il nous a donné là une piètre idée de ses charmes.
- C’est à travers les fonctions corporelles que les hommes parviennent à la conscience et à l’intelligence du monde.
- L’homme d’expérience est celui qui a pris la mesure des choses, l’homme sans expérience celui qui les mesure sur ses illusions.
- Mais l’homme se déprave dès qu’il a dans le coeur une seule pensée qu’il est constamment forcé de dissimuler.