Le mal se fait sans effort, naturellement, par fatalité ; le bien est toujours le produit d’un art.
Poète, 1821-1867 Image : Notwist, Domaine public, Wikimedia Commons Le mal se fait sans effort, naturellement, par fatalité ; le bien est toujours le produit d’un art.
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L’Art romantique, Texte entier
… La vertu, au contraire, est artificielle, surnaturelle, puisqu’il a fallu, dans tous les temps et chez toutes les nations, des dieux et des prophètes pour l’enseigner à l’humanité animalisée, et que l’homme, seul, eût été impuissant à la découvrir.Le mal se fait sans effort, naturellement, par fatalité; le bien est toujours le produit d’un art.Tout ce que je dis de la nature comme mauvaise conseillère en matière de morale, et de la raison comme véritable rédemptrice et réformatrice, peut être transporté dans l’ordre du beau. …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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La vie morale de l’homme forme une part du sujet de l’artiste, mais la moralité de l’art consiste dans l’usage parfait d’un moyen imparfait.
Le mal est un art à ne pas mettre entre toutes les mains. Trop d’amateurs encombrent la carrière…
L’art meurt-il jamais ? Il se métamorphose, il s’adapte aux circonstances.
C’est un des privilèges prodigieux de l’Art que l’horrible, artistement exprimé, devienne beauté, et que la douleur rythmée et cadencée remplisse l’esprit d’une joie calme.
Dans la vie réelle, je suis plutôt résolument du côté du bien, non du mal. Mais à quoi bon faire de l’art, si c’est pour reproduire la réalité ?
L’art, c’est la création propre à l’homme. L’art est le produit nécessaire et fatal d’une intelligence limitée, comme la nature est le produit nécessaire et fatal d’une intelligence infinie. L’art est à l’homme ce que la nature est à Dieu.
L’absence de mauvais goût n’est pas un goût, l’art est toujours un risque.
L’art et rien que l’art, nous avons l’art pour ne point mourir de la vérité.
« Les lois de la morale régissent l’art », a dit Schumann. Cela est fort joli ; mais ce n’est pas vrai. En morale, l’intention peut justifier bien des choses ; en art, les meilleures intentions ne sont bonnes qu’à paver l’enfer : l’œuvre est réussie, ou elle est manquée.
Si l’on devait vivre éternellement, tout deviendrait monotone. C’est l’idée de la mort qui nous talonne. C’est la hantise et le désir de l’homme de laisser une trace indélébile de son éphémère passage sur cette terre qui donnent naissance à l’art.

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