La vie morale de l’homme forme une part du sujet de l’artiste, mais la moralité de l’art consiste dans l’usage parfait d’un moyen imparfait.
Écrivain, 1854-1900 Image : Napoleon Sarony / Adam Cuerden, Domaine public, Wikimedia Commons La vie morale de l’homme forme une part du sujet de l’artiste, mais la moralité de l’art consiste dans l’usage parfait d’un moyen imparfait.
Écrivain, 1854-1900 Image : Napoleon Sarony / Adam Cuerden, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Le Portrait de Dorian Gray (1891)
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
L’art ne vaut à mes yeux que s’il est la projection d’une morale. Le reste est décoratif.
L’art est la recherche de l’inutile ; il est dans la spéculation ce qu’est l’héroïsme dans la morale.
L’artiste n’a point de sympathies éthiques. Une sympathie morale dans un artiste amène un maniérisme impardonnable du style.
La moralité de l’artiste est dans la force et la vérité de sa peinture. En peignant la réalité, en lui infiltrant, en lui insufflant la vie, il a été assez moral : il a été vrai.
L’art doit faire partie de la vie quotidienne, sinon il n’est pas honnête.
Peut-être l’art n’est-il que la volonté quotidienne de se tenir serré contre l’impossible perfection.
L’art, c’est la création propre à l’homme. L’art est le produit nécessaire et fatal d’une intelligence limitée, comme la nature est le produit nécessaire et fatal d’une intelligence infinie. L’art est à l’homme ce que la nature est à Dieu.
L’art ne peut se relever d’être devenu marchandise, cette perversion du sens est irrémédiable.
Peut-être la grande œuvre d’art a moins d’importance en elle-même que dans l’épreuve qu’elle exige de l’homme.
« Les lois de la morale régissent l’art », a dit Schumann. Cela est fort joli ; mais ce n’est pas vrai. En morale, l’intention peut justifier bien des choses ; en art, les meilleures intentions ne sont bonnes qu’à paver l’enfer : l’œuvre est réussie, ou elle est manquée.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.