La moralité de l’artiste est dans la force et la vérité de sa peinture. En peignant la réalité, en lui infiltrant, en lui insufflant la vie, il a été assez moral : il a été vrai.
Écrivain, 1808-1889La moralité de l’artiste est dans la force et la vérité de sa peinture. En peignant la réalité, en lui infiltrant, en lui insufflant la vie, il a été assez moral : il a été vrai.
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Source vérifiée
Une vieille maîtresse (1851), Préface de la nouvelle édition
À tout cela, je réponds en sécurité:la moralité de l’artiste est dans la force et la vérité de sa peinture. En peignant la réalité, en lui infiltrant, en lui insufflant la vie, il a été assez moral: il a été vrai.Vérité ne peut jamais être péché ou crime. Si on abuse d’une vérité, tant pis pour ceux qui en abusent! Si on conclut d’une œuvre d’art vivante et vraie, si on en conclut des choses mauvaises, tant pis pour les coupables raisonneurs! L’artiste n’est pour rien dans la conclusion. …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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La vie morale de l’homme forme une part du sujet de l’artiste, mais la moralité de l’art consiste dans l’usage parfait d’un moyen imparfait.
L’artiste n’a point de sympathies éthiques. Une sympathie morale dans un artiste amène un maniérisme impardonnable du style.
L’art ne vaut à mes yeux que s’il est la projection d’une morale. Le reste est décoratif.
L’art est la recherche de l’inutile ; il est dans la spéculation ce qu’est l’héroïsme dans la morale.
« Les lois de la morale régissent l’art », a dit Schumann. Cela est fort joli ; mais ce n’est pas vrai. En morale, l’intention peut justifier bien des choses ; en art, les meilleures intentions ne sont bonnes qu’à paver l’enfer : l’œuvre est réussie, ou elle est manquée.
Par l’œuvre d’art, l’homme qui en est l’auteur cherche à exprimer la conscience qu’il a de lui-même.
Dans la vie réelle, je suis plutôt résolument du côté du bien, non du mal. Mais à quoi bon faire de l’art, si c’est pour reproduire la réalité ?
C’est dans l’exercice de son art que l’artiste trouve un heureux compromis avec tout ce qui l’a blessé ou vaincu dans la vie quotidienne, par l’imagination, non pour échapper à son destin comme fait l’homme ordinaire, mais pour l’accomplir le plus totalement et le plus adéquatement possible.
L’artiste a seulement alors une conscience plus aiguë que celle des autres de l’harmonie du monde, de sa beauté et de sa laideur, de l’apport de l’homme, qu’il doit transmettre intelligemment aux autres.
L’important n’est pas tant de réfléchir que de déchaîner des forces. Ce n’est pas à la sagesse que doit aspirer l’artiste, mais à plus de folie, plus d’audace, plus de liberté.

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