- Les poètes immatures imitent; les poètes matures volent; les mauvais poètes défigurent ce qu’ils prennent, et les bons poètes en font quelque chose de meilleur, ou du moins quelque chose de différent.
- La poésie est une insurrection contre la société.
- L’enfance nous a donné une fois pour toutes notre teneur en poésie.
- Le poème est l’amour réalisé du désir demeuré désir.
- L’objet de la poésie deviendrait une connaissance des secrets de l’univers qui nous permettrait d’agir sur les éléments.
- Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu’il peut à sa guise être lui-même et autrui. Comme ces âmes errantes qui cherchent un corps, il entre, quand il veut, dans le personnage de chacun.
- Il est malheureusement nécessaire pour le théâtre, parfois, que poètes et compositeurs aient le talent de ne faire ni poésie ni musique.
- Le vrai poète, à ce qui me semble, est celui qui remue l’âme et l’attendrit.
- La poésie ne doit pas périr. Car alors, où serait l’espoir du Monde ?
- Le haïku a cette propriété quelque peu fantasmagorique, que l’on s’imagine toujours pouvoir en faire facilement.
- La poésie est de toutes les eaux claires celle qui s’attarde le moins aux reflets de ses ponts.
- Le discours de ceux qui s’aiment est intrinsèquement poétique.
- La poésie est une plante libre; elle croit là où on ne la sème pas. Le poète n’est pas autre chose que le botaniste patient qui gravit les montagnes pour aller la cueillir.
- La poésie demeurera éternellement présente, à l’écoute de l’incommensurable vie.
- La poésie est à la vie ce qu’est le feu au bois. Elle en émane et le transforme.
- Peinture et poésie se font comme on fait l’amour : un échange de sang, une étreinte totale, sans aucune prudence, sans nulle protection. Le grand #saut à chaque fois.
- La poésie est dans la rue, dans le ruisseau, elle est tout à fait dénuée de hiérarchie, elle ne sait pas. Elle ne sait rien.
- Le snobisme scolaire qui consiste, en poésie, à n’employer que certains mots déterminés, à la priver de certains autres, qu’ils soient techniques, médicaux, populaires ou argotiques, me fait penser au prestige du rince-doigts et du baisemain. Ce n’est pas le rince-doigts qui fait les mains propres ni le baisemain qui fait la tendresse. Ce n’est pas le mot qui fait la poésie, c’est la poésie qui illustre le mot.
- Le poète à venir surmontera l’idée déprimante du divorce irréparable de l’action et du rêve.
- Entre ce que je vois et dis, entre ce que je dis et tais, entre ce que je tais et rêve, entre ce que je rêve et oublie, la poésie. Elle glisse entre le oui et le non : elle dit ce que je tais, elle tait ce que je dis, elle rêve ce que j’oublie.
- La poésie est cette musique que tout homme porte en soi.
- La vie écrit au crayon. La mort passe la gomme. Le poème se souvient. Personne n’a meilleure mémoire qu’un poème.
- La poésie vit d’insomnie perpétuelle.
- Les poèmes ne sont pas faits pour signifier, ils sont faits pour intensifier les mots.
- Si votre quotidien vous paraît pauvre, ne l’accusez pas. Accusez-vous vous-même de ne pas être assez poète pour appeler à vous ces richesses.
- La poésie écrite est invisible, la poésie peinte a une apparence visible.
- Je veux passer ma vie à lire des poèmes en attendant que le grand Poète me cueille.
- Quand le pouvoir pousse l’homme à l’arrogance, la poésie lui rappelle la richesse de l’existence. Quand le pouvoir corrompt, la poésie purifie.
- La poésie apparaît comme un phénomène de la liberté.
- La poésie commence à sourdre lorsqu’elle croise les méandres de l’existence du poète. Elle est réponse au vide, à l’immensité, à l’inquiétude intérieure qui nous habite lorsque, soudain, tout se tait et qu’il faut traduire le silence.
- Dans certains états des choses de ma vie, il arriva que le travail de poésie me fut une manière de me séparer du monde.
- Les grands poèmes se reconnaissent au sourire donné quand on les lit.
- Le poème vit aux dépens du poète. Ce que nous raconte l’œuvre, ce n’est pas le poète, c’est le poème. Non pas le poète qui écrit mais le langage qui ressuscite, qui projette, recrée et qui l’annule en tant qu’être humain. L’œuvre dissout le petit je.
- Érotisme et poésie : le premier est une métaphore de la sexualité, le second une érotisation du langage.
- Les poètes n’ont pas de pudeur à l’égard de leurs sentiments : ils les exploitent.
- Le poète doit pouvoir tout dire, en toute liberté. Essayez donc un peu, mes amis, vous verrez que vous n’êtes pas libres.
- La poésie c’est le chant intérieur.
- Dans l’art dangereux de rimer et d’écrire, il n’est pas de degré du médiocre au pire.
- La poésie ouvre sur un domaine réservé qu’aucune analyse ne résoudra jamais.
- Pour être poète, il faut du temps : bien des heures de solitude, seul moyen pour que quelque chose se forme, vice, liberté, pour donner style au chaos.