La poésie vit d’insomnie perpétuelle.
Écrivain, 1907-1988La poésie vit d’insomnie perpétuelle.
Écrivain, 1907-1988Partager sur
Source vérifiée
Commune présence
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
La poésie commence à sourdre lorsqu’elle croise les méandres de l’existence du poète. Elle est réponse au vide, à l’immensité, à l’inquiétude intérieure qui nous habite lorsque, soudain, tout se tait et qu’il faut traduire le silence.
La poésie est la tendresse espiègle des jeux de mots.
Dans l’insomnie, tout s’agrandit ou s’amenuise, comme un écart de mémoire qui nous livre aux erreurs de mensuration.
L’éclair me dure. La poésie me volera de la mort.
La musique laisse la poésie loin derrière elle ; elle peut tout dire. Dans une modulation, dans une cadence évitée, elle exprime clairement, tout ce que les autres arts doivent décrire et essayer de cerner. Nos poètes impressionnistes modernes voudraient bien exprimer ces atmosphères et ces sensations, ce qu’ils n’arriveront jamais à faire avec des mots.
Pour être poète, il faut du temps : bien des heures de solitude, seul moyen pour que quelque chose se forme, vice, liberté, pour donner style au chaos.
Ce qui distingue la poésie de la parole machinale, c’est que la poésie justement nous réveille, nous secoue en plein milieu du mot.
Le sommeil, aventure sinistre de tous les soirs.
L’habitude est une somnolence, ou tout au moins un affaiblissement de la conscience du temps.
On ne peut être poète sans quelque folie.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.