Dans l’insomnie, tout s’agrandit ou s’amenuise, comme un écart de mémoire qui nous livre aux erreurs de mensuration.
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- Chez la plupart des gens qui bossent, on sent une somnolence de fonctionnaire. C’est le genre : Réveille-toi, c’est l’heure d’aller se coucher !
- L’intelligence met déjà à l’écart. Mais si la sensibilité s’y ajoute, alors là, c’est la solitude complète.
- Il y a des moments où tout s’arrête, où l’on voit sa vie défiler en l’espace d’un quart de seconde. C’est effrayant, c’est déstabilisant, surtout qu’on ne peut pas lutter contre. Il y aura un avant, un après.
- La nuit enregistre nos peurs et nous en délivre, le jour, par l’effet d’une amnésie bienfaitrice dont l’angoisse est le reste insécable.
- Avec les machines à vapeur et avec l’électricité, l’insomnie du monde a commencé.
- Le sommeil annule le temps qui n’existe que dans notre imagination. En vous réveillant dans l’obscurité, vous ne savez pas si vous avez dormi dix secondes ou dix heures.
- L’absence. Le lit comme un désert. J’ai mesuré la durée de mon sommeil à l’étendue qui nous sépare.
- L’habitude est une somnolence, ou tout au moins un affaiblissement de la conscience du temps.
- La poésie vit d’insomnie perpétuelle.
- Nous sommes faits de l’étoffe dont sont tissés les songes, et notre vie si courte a pour frontière un sommeil.
- Je me permets quelquefois de réfléchir entre mes repas, ce qui me fait perdre énormément de temps.
- La mémoire, comme le coeur, se laisse abuser, et souvent pas celui-ci comme de juste.
- Dormir, c’est du temps perdu. Dormir me fait peur. C’est une forme de mort.
- Nous sommes de l’étoffe dont sont faits les rêves, et notre petite vie est entourée de sommeil.
- Très souvent, le désordre de la mémoire est tel que nous ne savons plus si nous inventons un personnage ou si c’est une agréable réminiscence.