Biographie courte et informations sur Marcel Proust

Marcel Proust (1871-1922), monument de la littérature française, voit le jour à Paris dans une famille bourgeoise aisée. Fragile et souvent malade, il consacre sa vie à l'écriture. Son opus magnum, À la recherche du temps perdu (1913-1927), révolutionne la littérature par son exploration inédite de la mémoire et des émotions. Cette œuvre-monde, où fusionnent analyse psychologique et portrait social, le consacre comme l'un des plus grands écrivains du XXᵉ siècle.
- Il semble que dans la vie mondaine, reflet insignifiant de ce qui se passe en amour, la meilleure manière qu’on vous recherche, c’est de se refuser.
- Le bonheur, la possession de la beauté, ne sont pas des choses inaccessibles et nous avons fait Ïuvre inutile en y renonçant à jamais.
- L’automne épuisé, plus même réchauffé par le soleil rare, perd une à une ses dernières couleurs. L’extrême ardeur de ses feuillages, si enflammés que toute l’après-midi et la matinée elle-même donnaient la glorieuse illusion du couchant, s’est éteinte.
- Les vrais paradis sont les paradis que l’on a perdus.
- On rêve beaucoup du paradis, ou plutôt de nombreux paradis successifs, mais ce sont tous, bien avant qu’on ne meure, des paradis perdus, et où l’on se sentirait perdu.
- L’absence n’est-elle pas pour qui aime la plus certaine, la plus efficace, la plus vivace, la plus indestructible, la plus fidèle des présences ?
- Comme il n’est de connaissance, on peut dire qu’il n’est de jalousie que de soi-même. L’observation compte peu. Ce n’est que du plaisir ressenti par soi-même qu’on peut tirer savoir et douleur.
- Un fait objectif, une image, est différent selon l’état intérieur avec lequel on l’aborde. Et la douleur est un aussi puissant modificateur de la réalité qu’est l’ivresse.
- Le médecin m’avait conseillé de prendre au moment du départ un peu trop de bière ou de cognac, afin d’être dans un état qu’il appelait «euphorie», où le système nerveux est momentanément moins vulnérable.
- La douleur est un aussi puissant modificateur de la réalité qu’est l’ivresse.
- L’artiste qui renonce à une heure de travail pour une heure de causerie avec un ami sait qu’il sacrifie une réalité pour quelque chose qui n’existe pas.
- Les levers de soleil sont un accompagnement des longs voyages en chemin de fer, comme les oeufs durs, les journaux illustrés, les jeux de cartes, les rivières où des barques s’évertuent sans avancer.
- Les contempteurs de l’amitié peuvent, sans illusions et non sans remords, être les meilleurs amis du monde.
- Laissons les jolies femmes aux hommes sans imagination.
- On n’aime plus personne dès qu’on aime.
- Il vaut mieux rêver sa vie que la vivre, encore que la vivre, ce soit encore la rêver.
- Nous sommes tous obligés, pour rendre la réalité supportable, d’entretenir en nous quelques petites folies.
- Il n’y a pas de réussites faciles, ni d’échecs définitifs.
- On ne guérit d’une souffrance qu’à condition de l’éprouver pleinement.
- Il est curieux qu’un premier amour, si, par la fragilité qu’il laisse à notre cœur, il fraye la voie aux amours suivantes, ne nous donne pas du moins par l’identité même des symptômes et des souffrances, le moyen de les guérir…
- On devient moral dès qu’on est malheureux.
- La force qui fait le plus de fois le tour de la terre en une seconde, ce n’est pas l’électricité, c’est la douleur.
- L’adolescence est le seul temps où l’on ait appris quelque chose.
- Ce n’est pas parce que les autres sont morts que notre affection pour eux s’affaiblit, c’est parce que nous mourrons nous-mêmes.
- L’amour, c’est l’espace et le temps rendus sensibles au coeur.
- Nous ne connaissons jamais que les passions des autres, et que ce que nous arrivons à savoir des nôtres, ce n’est que d’eux que nous avons pu l’apprendre.
- Pour que les choses paraissent nouvelles, si elles sont anciennes, et même si elles sont nouvelles, il faut, en art, comme en médecine, comme en mondanité, des noms nouveaux.
- Dans la vie de la plupart des femmes, tout, même le plus grand chagrin, aboutit à une question d’essayage.
- La musique est peut-être l’exemple unique de ce qu’aurait pu être - s’il n’y avait pas eu l’invention du langage, la formation des mots, l’analyse des idées - la communication des âmes.
- Le souvenir d’une certaine image n’est que le regret d’un certain instant.
- Les vrais livres doivent être les enfants non du grand jour et de la causerie, mais de l’obscurité et du silence.
- La souffrance est une sorte de besoin de l’organisme de prendre conscience d’un état nouveau qui l’inquiète, de rendre la sensibilité adéquate à cet état.
- Les oeuvres, comme dans les puits artésiens, montent d’autant plus haut que la souffrance a plus creusé le coeur.
- De ce que les hommes médiocres sont souvent travailleurs et les intelligents souvent paresseux, on n’en peut pas conclure que le travail n’est pas pour l’esprit une meilleure discipline que la paresse.
- Les créatures qui ont joué un grand rôle dans notre vie, il est rare qu’elles en sortent tout d’un coup d’une façon définitive.
- Le véritable voyage de découverte ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux.
- Le seul véritable voyage n’est pas d’aller vers d’autres paysages, mais d’avoir d’autres yeux.
- Nous ne savons jamais si nous ne sommes pas en train de manquer notre vie.
- L’idée qu’on mourra est plus cruelle que mourir, mais moins que l’idée qu’un autre est mort.
- Ce que je reproche aux journaux, c’est de nous faire faire attention tous les jours à des choses insignifiantes, tandis que nous lisons trois ou quatre fois dans notre vie les livres où il y a des choses essentielles.