La force qui fait le plus de fois le tour de la terre en une seconde, ce n’est pas l’électricité, c’est la douleur.
Écrivain, 1871-1922 Image : Otto Wegener, Domaine public, Wikimedia Commons La force qui fait le plus de fois le tour de la terre en une seconde, ce n’est pas l’électricité, c’est la douleur.
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Source vérifiée
Albertine disparue (1925), chapitre I
… » Mais où ma souffrance devint insupportable, ce fut quand il me dit: « Pour commencer par où ma dernière dépêche t’a laissé, après avoir passé par une espèce de hangar, j’entrai dans la maison, et au bout d’un long couloir on me fit entrer dans un salon. » À ces mots de hangar, de couloir, de salon, et avant même qu’ils eussent fini d’être prononcés, mon cœur fut bouleversé avec plus de rapidité que par un courant électrique, carla force qui fait le plus de fois le tour de la terre en une seconde, ce n’est pas l’électricité, c’est la douleur.Comme je les répétai, renouvelant le choc à plaisir, ces mots de hangar, de couloir, de salon, quand Saint-Loup fut parti! Dans un hangar on peut se coucher avec une amie. Et dans ce salon, qui sait ce qu’Albertine faisait quand sa tante n’était pas là? Et quoi? …
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La force, ce n’est rien, dans la vie. C’est l’esquive qui compte !
La force n’est pas l’effort, au contraire ; et voilà pourquoi on ne l’acquiert jamais.
La douleur est un aussi puissant modificateur de la réalité qu’est l’ivresse.
La force qui, semblable à la gravitation, nous incite à rechercher notre bien-être ne peut être contenue que par les obstacles qui lui sont opposés.
La faiblesse de la force est de ne croire qu’à la force.
Ce n’est pas la force du corps qui compte, mais la force de l’esprit.
Quand la force occupe le chemin, le faible entre dans la brousse avec son bon droit.
La douleur suit les actes qui ne sont pas minutieusement passés au crible de la raison.
La force réside dans l’absence de crainte, et non dans la quantité de chair et de muscle que nous avons dans notre corps.
La douleur, c’est comme un boomerang. Si on essaie de l’envoyer loin de soi, elle nous revient en pleine tête.

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