Nous sommes tous obligés, pour rendre la réalité supportable, d’entretenir en nous quelques petites folies.
Écrivain, 1871-1922 Image : Otto Wegener, Domaine public, Wikimedia Commons Nous sommes tous obligés, pour rendre la réalité supportable, d’entretenir en nous quelques petites folies.
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À l’ombre des jeunes filles en fleurs (1919), Première partie
… Cet espoir je savais bien ce qu’il avait de chimérique. J’étais comme un pauvre qui mêle moins de larmes à son pain sec s’il se dit que tout à l’heure peut-être un étranger va lui laisser toute sa fortune.Nous sommes tous obligés, pour rendre la réalité supportable, d’entretenir en nous quelques petites folies.Or mon espérance restait plus intacte — tout en même temps que la séparation s’effectuait mieux — si je ne rencontrais pas Gilberte. …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Nous sommes tous plus ou moins amochés, il faut apprendre à se panser soi-même.
Plus nous approchons de la ligne d’arrivée, plus nous avons conscience de ce qui compte vraiment, plus l’insignifiant le devient.
On passe sa vie à romancer les motifs et à simplifier les faits.
Nous rabaissons trop la providence quand, par dépit de ne pouvoir la comprendre, nous lui prêtons nos idées.
Une idée, pour peu qu’on s’y accroche avec une conviction suffisante, qu’on la caresse et la berce avec soin, finira par produire sa propre réalité.
Au lieu d’être attentifs à connaître les autres, nous ne pensons qu’à nous faire connaître nous-mêmes. Il vaudrait mieux écouter pour acquérir de nouvelles lumières que de parler trop pour montrer celles que l’on a acquises.
L’apéro, c’est le moment où on fait connaissance. On s’installe sur son quant-à-soi, le verre à la main pour garnir, les canapés sur la table pour meubler, on parle parfois de tout, souvent de rien, on s’informe, on s’intéresse.
Il s’agit de réagir à ce que l’on voit, en espérant que ce soit sans idée préconçue. On peut trouver des images partout. Il suffit de remarquer les choses et de les organiser. Il suffit de s’intéresser à ce qui nous entoure et de s’intéresser à l’humanité et à la comédie humaine.
Une partie de notre travail en tant qu’êtres humains consiste à partager nos connaissances et à partager les choses que nous avons apprises. Ainsi, nous pouvons soit empêcher les gens de faire les mêmes erreurs, soit leur donner de l’espoir.
Nieras-tu que nous soyons cachés à l’intérieur de nous-mêmes comme la statue dans le bloc de marbre ? Il faut se sculpter soi-même ! On doit s’y contraindre les uns les autres !

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