Que de fois il arrive qu’en croyant expérimenter sur autrui nous expérimentons en réalité sur nous-mêmes !
Écrivain, 1854-1900 Image : Napoleon Sarony / Adam Cuerden, Domaine public, Wikimedia Commons Que de fois il arrive qu’en croyant expérimenter sur autrui nous expérimentons en réalité sur nous-mêmes !
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Le Portrait de Dorian Gray (1891)
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Nous sommes tous plus ou moins amochés, il faut apprendre à se panser soi-même.
On n’a besoin que de soi pour réprimer ses penchants, on a quelquefois besoin d’autrui pour discerner ceux qu’il est permis de suivre.
Mieux vaut profiter des expériences faites par d’autres que de les faire soi-même. Mieux vaut croire que voir.
Quand il s’agit des actions d’autrui, nous sommes très clair-voyants, l’esprit ne nous manque point pour critiquer, et nous sommes surs à un cheveu près, d’en trouver tous les défauts, et de découvrir les moindres imperfections.
Oui, notre folie va jusque-là, de nous faire prendre pour but suprême de nos efforts l’opinion d’autrui.
Le fait de parvenir à relever et à accomplir un défi renforce notre confiance en nous-même et donne un sens supplémentaire à notre existence.
Est-ce qu’en marchant dans les traces de l’autre, on arrive à pénétrer sa conscience et à le voir de l’intérieur ?
On s’acharne, inutilement, pendant des années à imiter ce qui est ; et on arrive à peine, par cette copie immobile et muette des actes de la vie, à faire comprendre aux yeux exercés ce qu’on a voulu tenter.
Il y a des moments dans la vie où tout bascule, quelle chance d’être son propre contrepoids.
On ne fait bien que ce qu’on fait soi-même.

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