Le médecin m’avait conseillé de prendre au moment du départ un peu trop de bière ou de cognac, afin d’être dans un état qu’il appelait «euphorie», où le système nerveux est momentanément moins vulnérable.
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- Il est faux de croire que l’échelle des craintes correspond à celle des dangers qui les inspirent. On peut avoir peur de ne pas dormir et nullement d’un duel sérieux, d’un rat et pas d’un lion.
- Je ne suis pas très sociable, je n’ai pas ce qu’on appelle l’esprit de zinc. Je n’aime pas sourire devant une bière si c’est avec quelqu’un que je n’aime pas.
- La bière émousse les souvenirs, l’eau-de-vie les enflamme. Seul le vin adoucit les peines d’un coeur languissant.
- Anesthésie : Sommeil garanti, réveil aléatoire.
- Naturellement l’opium reste unique et son euphorie supérieure à celle de la santé. Je lui dois mes heures parfaites. Il est dommage qu’au lieu de perfectionner la désintoxication, la médecine n’essaye pas de rendre l’opium inoffensif.
- J’aurai recours à la médecine le plus tard que faire se pourra; je la regarde comme la soeur presque jumelle de la métaphysique, par son incertitude.
- J’aime ma névrose. Je ne veux pas guérir. C’est de là que me vient cette peur bleue, cette panique dès la nuit.
- Si vous êtes malade, ne le soyez pas trop longtemps. Tâchez de ne pas dépasser les 21 jours réglementaires, car, la patience des meilleurs amis est assez courte et vous auriez vite l’impression d’être délaissé.
- Demande conseil à celui qui en a fait l’expérience et non au médecin.
- En réalité, ce qu’on entend par avoir du coeur, c’est avoir une faiblesse des glandes lacrymales en même temps qu’une légère paralysie du cervelet.
- L’habitude de l’usine sera peut-être devenue drogue : chaque jour dans cette mélasse, absorber une dose d’hébétude. Il aura peine à se défaire de cet abrutissement providentiel, de cette sensation quotidienne d’un corps tellement courbatu que chaque soir la pensée s’endort dans une terrible sérénité.
- J’en suis à prendre huit médicaments. Faut-il que j’en aie, une santé !
- Un peu groggy. A cause de la morphine, pas à cause des coups. Je n’aime pas trop ça. Je préfère sentir la douleur... Je crois.
- Pour un psychiatre, le signe le plus probant de la folie chez un patient réside dans sa prétention à être sain d’esprit.