J’aime ma névrose. Je ne veux pas guérir. C’est de là que me vient cette peur bleue, cette panique dès la nuit.
Écrivain, 1909-1994J’aime ma névrose. Je ne veux pas guérir. C’est de là que me vient cette peur bleue, cette panique dès la nuit.
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Journal en miettes
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C’est merveilleusement humain d’avoir peur, vous croyez peut-être que je n’ai pas peur avant d’opérer ?
Je vis chaque jour et j’essaie d’avoir moins de peur, moins d’inquiétude. Mais je me suis toujours inquiétée de tout ; c’est dans ma nature. C’est la chose qui me fait le plus souffrir.
Laissez-moi tranquille, laissez-moi enfin dormir une nuit sans tremper mon oreiller de larmes, sans que les yeux me brûlent et que la migraine me martèle la tête. Laissez-moi partir, disparaître de tout.
La peur est une brume de sensations.
Ma vie pourrait s’arrêter, ce qui me fait hurler de peur.
L’horreur de la nuit la plus noire. Seule convient à ma douleur. Il faudrait perdre la mémoire, quand on a perdu le bonheur !
La nuit enregistre nos peurs et nous en délivre, le jour, par l’effet d’une amnésie bienfaitrice dont l’angoisse est le reste insécable.
Le divan, c’est sans doute formidable, mais pas pour moi. Sans ma névrose, j’ai trop peur de ne plus pouvoir créer.
J’aime l’inconnu. Je pense que c’est parce que ça fait peur, et embrasser la peur est le meilleur sentiment.
Je suis tellement fatiguée de la peur. Et je ne veux pas que mes filles vivent dans un pays, dans un monde basé sur la peur.

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