Laissez-moi tranquille ! Laissez-moi enfin dormir une nuit sans tremper mon oreiller de larmes, sans que les yeux me brûlent et sans que la migraine me martèle la tête ! Laissez-moi disparaitre de tout. Loin de ce monde...
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- Je cherche le silence et la nuit pour pleurer.
- La nuit je ferme les yeux et je laisse commencer la vraie vie.
- Je suis seul, je suis seul, c’est l’heure des tempêtes. Les mots à qui je parle ont peur de me parler. La nuit m’entoure, je m’accroche à ma planète. Le Sud est-il au Nord ? Mon étoile a coulé.
- J’aime ma névrose. Je ne veux pas guérir. C’est de là que me vient cette peur bleue, cette panique dès la nuit.
- Cette nuit je vais grimper à la lune, m’installer dans le croissant comme dans un hamac et je n’aurai absolument pas besoin de dormir pour rêver.
- Je pourrai débrancher le soleil si un jour tu ne pouvais plus cligner des yeux, ton absence est si vénéneuse.
- Ceux qui désirent le soir, qui haïssent l’aurore, sont toujours en repos et sont d’heureux amants, tandis que pour moi, le soir c’est ma douleur, c’est mon affliction, ce sont mes tourments !
- O malheur insensé, sans regret, sans angoisse ! De telles flammes, déchirantes et fêlées, me voici brûlant du désir de brûler. Entre la mort et la douleur physique - et le plaisir, plus profond que la mort et la douleur - je me traîne dans une nuit chagrine, à la limite du sommeil.
- Je ne mourrai pas seul. Vous m’accompagnerez, mes ombres. Avec moi vous vous dissiperez, dans la grande nuit sans aurore. Avec nous dans la tombe à jamais enfermés Les êtres disparus que nous aurons aimés, puissent-ils nous aimer encore !
- Depuis des mois, je retarde le moment de fixer par écrit notre dernière nuit. De retourner dans la réalité physique de ce moment de grâce - je pèse mes mots - dont je ne conserve que l’élan, la densité, le mystère.
- Je vais dormir, goûter un sommeil sans rêve qui ne ressemblera pas à la vie, qui me donnera la force de recommencer demain.
- C’est par vous, maman, que l’on rentre. Vous si faible, vous saviez-vous à ce point ange gardienne, et forte, et sage, et si pleine de bénédictions, que l’on vous prie, seul, dans la nuit ?
- Equilibre dangereux, le mien, danger de mort d’âme. La nuit d’aujourd’hui me regarde avec torpeur, patine et glu. Je veux, au sein de cette nuit qui est plus longue que la vie, je veux, au sein de cette nuit, la vie crue et sanglante et pleine de salive.
- Je vous tiens toute vive entre mes bras, nature, ah ! Faut-il que mes yeux s’emplissent d’ombre un jour Et que j’aille au pays sans vent et sans verdure Que ne visitent pas la lumière et l’amour...