Moi-même, j’étais à quelques pas de mon inconnue, combattant pour ne pas être écrasé, et jouant des coudes et du corps.
Romancier, 1799-1850 Image : Louis-Auguste Bisson, Domaine public, Wikimedia Commons Moi-même, j’étais à quelques pas de mon inconnue, combattant pour ne pas être écrasé, et jouant des coudes et du corps.
Romancier, 1799-1850 Image : Louis-Auguste Bisson, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Œuvres complètes de H. de Balzac
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Tout acte de soumission à la force qui m’est extérieure me pourrit tout debout, mort avant que d’être enterré par les légitimes fossoyeurs de l’ordre.
J’allusionnai lors, et cela de très près, À la défense par ces mains de tel corsage.
Un jour j’suis tombé, pour apprendre à me relever.
Le malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l’air du crime. Et j’ai joué de bons tours à la folie.
Je me rendais compte que les mensonges étaient la seule force qui m’appartenait vraiment, la seule arme à laquelle je pouvais faire confiance, sans condition. (…) Ma guérison est venue de cette possibilité de nier la réalité.
Moi je me suis suicidé en état de légitime défense.
Mais moi, j’étais calme, planant en permanence à trois mètres au-dessus de mon corps. Peut-être qu’être avec moi n’était pas très différent qu’être tout seul. Vous pouviez être aussi rustre que vous le vouliez, après. C’était sans doute ça qui plaisait en moi.
J’ai passé ma vie à me défendre de l’envie d’y mettre fin.
Lorsque le corps a épuisé ses ressources, ce sont les mots qui prennent le relais et je m’évertue, dans une course folle contre un sablier imaginaire, à trouver ceux qui pourraient me sauver.
Il fallut que la force même cédât au diabolique entêtement d’un enfant ; car on n’appela pas autrement ma constance.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.