J’espère qu’on me condamnera à quelque chose, afin que je paye de tout mon corps la faute de vivre.

J’espère qu’on me condamnera à quelque chose, afin que je paye de tout mon corps la faute de vivre.

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Source vérifiée
Le Procès-Verbal
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Ma souffrance est ma vengeance contre moi-même.
Si je vois venir la mort, j’aurai la politesse d’être assez odieux pour qu’on ne me regrette pas trop.
Qu’entre l’erreur et le mensonge. Car je confonds la vie, la mort, l’inexistence qui me rongent. Oh, naître enfin ! Tirage au sort.
Moi je suis méchante : ça veut dire que j’ai besoin de la souffrance des autres pour exister.
Ma vengeance est perdue s’il ignore en mourant que c’est moi qui le tue.
J’ai découvert que l’on pouvait supporter l’insupportable si l’on gardait le moral, même quand le corps souffrait.
Le suicide, c’est une vengeance personnelle, et moi, personnellement, je ne m’en veux pas.
Je puis mourir, disais-je ; je le devrais même, après tant de honte et de douleur, mais je souffrirais mille morts sans pouvoir oublier l’ingrate Manon.
Je puis tout pardonner aux hommes, excepté l’injustice, l’ingratitude et l’inhumanité.
Du pardon furieux je t’imposerai la grâce Je serai le chemin et la chair qui t’embrasse La carte de ta peau sera mon héritage Et j’en consumerai l’absolution sauvage.

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