Le délire d’interprétation ne commence qu’où l’homme mal préparé prend peur dans cette forêt d’indices.
Écrivain, 1896-1966Le délire d’interprétation ne commence qu’où l’homme mal préparé prend peur dans cette forêt d’indices.
Écrivain, 1896-1966Partager sur
Source secondaire
L'Amour fou (1937), p. 22
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Le plus grand malheur de l’homme est d’avoir peur de tout, même de son ombre. Mais son autre grand malheur, c’est de se mentir et de ne plus savoir reconnaître sa peur.
Celui qui a peur du pubis caresse le nombril.
La bête qui ronge leur conscience leur en laisse assez pour qu’ils connaissent, par instants, l’horreur d’être là.
Tout ce dont nous avons peur est en nous, dans ce que nous imaginons, dans ce qu’on appréhende de trouver si on scrute un peu trop longtemps l’obscurité.
La peur entre dans le cœur de celui qui ignore son destin.
L’homme obtus manque d’esprit, le sot d’entendement.
La peur frappait maintenant comme un heurtoir hésitant contre chaque petit souvenir, pour trouver l’entrée des chambres secrètes de son cœur.
Feindre le malaise est l’ultime refuge de qui manque d’imagination.
Il est faux de croire que l’échelle des craintes correspond à celle des dangers qui les inspirent. On peut avoir peur de ne pas dormir et nullement d’un duel sérieux, d’un rat et pas d’un lion.
La peur est le commencement de la sagesse.

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