C’est dans l’angoisse que l’homme prend conscience de sa liberté.
Écrivain, 1905-1980 Image : User:T1980, CC BY 3.0, Wikimedia Commons C’est dans l’angoisse que l’homme prend conscience de sa liberté.
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L'Être et le Néant (1943)
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La liberté signifie la responsabilité ; c’est pourquoi la plupart des hommes la craignent.
La liberté fait peur car elle montre que c’est possible…
Quiconque peut apaiser la conscience d’un homme peut lui retirer sa liberté.
Quel est le sceau de la liberté acquise ? Ne plus avoir honte de soi-même.
Le secret d’un homme… c’est la limite même de sa liberté, c’est son pouvoir de résistance aux supplices et à la mort.
L’Homme a peur. Il a toujours vécu dans la peur. Il a peur. Peur de lui-même.
Un sentiment légitime, naturel, base de la liberté, se révolte en tout homme contre toute mesure imposée, eût-elle même la liberté pour but.
Le plus grand malheur de l’homme est d’avoir peur de tout, même de son ombre. Mais son autre grand malheur, c’est de se mentir et de ne plus savoir reconnaître sa peur.
La liberté, les hommes la dédaignent uniquement, semble-t-il, parce que s’ils la désiraient, ils l’auraient ; comme s’ils refusaient de faire cette précieuse acquisition parce qu’elle est trop aisée.
Les hommes fantasment la liberté plus qu’ils ne l’utilisent, ils la gardent précieusement sur une étagère au lieu de l’employer. Là, elle sèche, se racornit et meurt bien avant eux. Car la liberté n’existe que si l’on s’en sert.

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