- On ne peut pas bien vivre en sachant que l’homme n’est rien et que la face de Dieu est affreuse.
- Il faut aimer la vie avant d’en aimer le sens, dit Dostoïevski. Oui, et quand l’amour de vivre disparaît, aucun sens ne nous en console.
- Que ce monde sans amour était comme un monde mort et qu’il vient toujours une heure où on se lasse des prisons, du travail et du courage pour réclamer le visage d’un être et le coeur émerveillé de la tendresse.
- Nous habitons notre corps bien avant de le penser.
- Supprimer la morale rabâchée de la justice abstraite, rester près des êtres et des choses, reconnaître la nécessité des ennemis, aimer qu’ils soient.
- Il pleut toujours; j’ai faim de lumière comme de pain et ne puis plus me supporter.
- Penser, ce n’est pas unifier, rendre familière l’apparence sous le visage d’un grand principe. Penser, c’est réapprendre à voir, diriger sa conscience, faire de chaque image un lieu privilégié.
- La liberté est un bagne aussi longtemps qu’un seul homme est asservi sur la terre. J’étais libre et je ne cessais de penser à la Russie et à ses esclaves.
- Le sens de la vie est la plus pressante des questions.
- La vieille femme aux souhaits de Nouvel An : On ne demande pas grand-chose : du travail et de la santé.
- Exception faite pour les rationalistes de profession, on désespère aujourd’hui de la vraie connaissance.
- Je les voyais comme je n’ai jamais vu personne et pas un détail de leurs visages ou de leurs habits ne m’échappait. Pourtant je ne les entendais pas et j’avais peine à croire à leur réalité.
- Si la seule solution est la mort, nous ne sommes pas sur la bonne voie. La bonne voie est celle qui mène à la vie, au soleil. On ne peut avoir froid sans cesse.
- Les hommes ne savent jamais comment il faut aimer. Rien ne les contente. Tout ce qu’ils savent, c’est rêver. Tandis que nous, nous savons qu’il faut se dépêcher d’aimer, partager le même lit, se donner la main, craindre l’absence. Quand on aime, on ne rêve à rien.
- La civilisation industrielle, en supprimant la beauté naturelle, en la couvrant sur de longs espaces par le déchet industriel crée et suscite les besoins artificiels. Elle fait que la pauvreté ne peut plus être vécue et supportée.
- J’aime les chiens d’une très vieille et très fidèle tendresse. Je les aime parce qu’ils pardonnent toujours.
- Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.
- Je suis jaloux de ceux qui vivront et pour qui fleurs et désirs de femmes auront tout leur sens de chair et de sang. Je suis envieux, parce que j’aime trop la vie pour ne pas être égoïste. Que m’importe l’éternité.
- Je m’accuse parfois d’être incapable d’aimer. Peut-être est-ce vrai mais j’ai été capable d’élire quelques êtres et de leur garder, fidèlement, le meilleur de moi, quoi qu’ils fassent.
- J’ai assez d’amour pour remplir tes silences.
- On ne peut pas dissocier la politique de la morale sans produire les barbarismes.
- Un destin n’est pas une punition.
- L’amour, c’est le genre de maladies qui n’épargnent ni les intelligents ni les imbéciles.
- Ceux qui manquent de courage ont toujours une philosophie pour le justifier.
- Aux heures où l’on se sent le plus misérable, il n’y a que la force de l’amour qui puisse sauver de tout.
- Que préfères-tu, celui qui veut te priver de pain au nom de la liberté ou celui qui veut t’enlever ta liberté pour assurer ton pain ?
- Il n’y a point d’amour sans un peu d’innocence.
- L’élève comme la rivière aimerait suivre son cours tout en restant dans son lit.
- La notion de parti peut très bien aller sans la démocratie. Cela peut arriver quand un parti ou un groupe d’hommes s’imagine détenir la vérité absolue. C’est pourquoi l’Assemblée et les députés ont besoin aujourd’hui d’une cure de modestie.
- Vivre, c’est ne pas se résigner.
- Toute forme de mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le fascisme.
- La liberté c’est pouvoir défendre ce que je ne pense pas, même dans un régime ou un monde que j’approuve. C’est pouvoir donner raison à l’adversaire.
- Il vaut mieux être mal mariée que de souffrir de la passion.
- Si l’homme échoue à concilier la justice et la liberté, alors il échoue à tout.
- Un amour n’est jamais assez fort pour trouver sa propre expression.
- Le mieux qu’un homme puisse faire de sa vie, c’est de transformer en conscience une expérience aussi vaste que possible.
- En toute occasion, un progrès est réalisé chaque fois qu’un problème politique est remplacé par un problème humain.
- Ceux qui aiment et qui sont séparés peuvent vivre dans la douleur, mais ce n’est pas le désespoir : ils savent que l’amour existe.
- Les jeunes ne savent pas que l’expérience est une défaite et qu’il faut tout perdre pour savoir un peu.
- L’œuvre d’art naît du renoncement de l’intelligence à raisonner le concret.