Reconnaître la nécessité des ennemis. Aimer qu’ils soient.
Philosophe, 1913-1960 Image : Photograph by United Press International, Domaine public, Wikimedia Commons Reconnaître la nécessité des ennemis. Aimer qu’ils soient.
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Carnets III : mars 1951-décembre 1959
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Tout plutôt que l’abdication de la raison, de la justice devant la force brutale.
Faire le bien à ton ennemi peut être uvre de justice et n’est pas ardu ; l’aimer est affaire d’anges et non pas d’hommes.
J’appelle bourgeois quiconque renonce à soi-même, au combat et à l’amour, pour sa sécurité.
À chaque fois que nous sommes témoins d’une injustice et que nous n’agissons pas, nous formons notre caractère à être passifs… Nous finissons alors par perdre toute capacité à nous défendre, ainsi que ceux que nous aimons.
Paie le mal avec la justice, et la bonté avec la bonté.
Que l’on s’efforce d’être pleinement humain, et il n’y aura plus place pour le mal.
Plutôt qu’ébranler la justice par la force qui fait haïr, mieux vaut se refuser une victoire décriée. On goûte un triomphe d’une heure, mais bientôt il se fane et fait la honte d’un foyer.
L’essence de la justice est de ne nuire à personne, et de veiller à l’utilité publique.
Il n’y a qu’une seule vertu, la justice ; un seul devoir, de se rendre heureux ; un seul corollaire, mépriser quelquefois la vie.
Il faudrait pouvoir unir les contraires, l’amour de la vertu avec l’indifférence pour l’opinion publique, le goût du travail avec l’indifférence pour la gloire, et le soin de sa santé avec l’indifférence pour la vie.

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