Il faudrait pouvoir unir les contraires, l’amour de la vertu avec l’indifférence pour l’opinion publique, le goût du travail avec l’indifférence pour la gloire, et le soin de sa santé avec l’indifférence pour la vie.
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- Quand on soutient que les gens les moins sensibles sont, à tout prendre, les plus heureux, je me rappelle le proverbe italien «Il vaut mieux être assis que debout, être couché qu’assis; mais il vaut mieux être mort que tout cela. ».
- Que voit-on dans le monde ? Partout un respect naïf et sincère pour des conventions absurdes, pour une sottise (les sots saluent leur reine), ou bien des ménagements forcés pour cette même sottise (les gens d’esprit craignent leur tyran).
- Il ne faut pas ne savoir vivre qu’avec ceux qui peuvent nous apprécier; mais il faut ne placer le fond de sa vie habituelle qu’avec ceux qui peuvent sentir ce que nous valons.
- On ne quitte pas aisément sa famille, sa maison, ses amis, son travail, son passé. Ceux qui le feront seront des gens moralement à bout de force. Leur audace se révélera celle du désespoir.
- Par un travail contraire, ou plutôt par une conséquence naturelle, les plus vilaines choses ont pris des noms charmants. Le succès purifie tout; la nécessité excuse les actions les plus laides.
- On n’atteint à la paix du coeur, si elle est de ce monde, que par le travail inlassable, la déception fréquente, et le sentiment d’une juste humilité.
- La tempérance - comme la prudence, et comme toutes les vertus peut-être - relève donc de l’art de jouir : c’est un travail du désir sur lui-même, du vivant sur lui-même. Elle ne vise pas à dépasser nos limites, mais à les respecter.
- Allez à contre-courant, n’écoutez pas les voix qui sont nombreuses à faire la propagande de modèles de vie fondés sur l’arrogance et la violence, le succès à tout prix, l’apparence et les possessions matérielles.
- Rien n’est plus important que l’empathie pour un autre être humain qui est en train de souffrir. Rien. Pas une carrière, et non pas la richesse, l’intelligence, certainement pas de statut. Nous devons nous sentir l’un pour l’autre si on va survivre avec dignité.
- Le bien a pour tombeau l’ingratitude humaine.
- On a beau prétendre qu’on se moque des interdits, de la morale, des moeurs établies, dès qu’on s’en exclut il faut puiser quotidiennement dans son énergie pour se persuader qu’on est néanmoins dans la bonne voie, celle du désir, de la vérité, de l’amour.
- Il faut avoir vis-à-vis de l’oeuvre que l’on écoute, que l’on interprète ou que l’on compose, un respect profond devant l’existence même. Comme si c’était une question de vie ou de mort.
- Dévouer sa pensée au développement continu de la sociabilité humaine; avoir les populaces en dédain et le peuple en amour.
- Nous savons que la passion, le préjugé, le parti, et même la bonne volonté, tentent beaucoup de ceux qui conservent un caractère juste avec le monde à s’écarter de la vérité dans le laxisme de la conversation.
- A égalité d’esprit et de lumière, l’homme né riche ne doit jamais connaître, aussi bien que le pauvre, la nature, le coeur humain et la société. C’est que dans le moment où l’autre plaçait une jouissance, l’autre se consolait par une réflexion.