On a beau prétendre qu’on se moque des interdits, de la morale, des moeurs établies, dès qu’on s’en exclut il faut puiser quotidiennement dans son énergie pour se persuader qu’on est néanmoins dans la bonne voie, celle du désir, de la vérité, de l’amour.
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- Le seul moyen de se débarrasser d’une tentation est d’y céder. Essayez de lui résister, et votre âme aspire maladivement aux choses qu’elle s’est défendues; avec, en plus, le désir pour ce que des lois monstrueuses ont fait illégal et monstrueux.
- Les doutes sont plus cruels que la pire des vérités. Ce n’est pas seulement pour ce que nous faisons que nous sommes tenus responsables, mais aussi pour ce que nous ne faisons pas. Un amant dont la passion est extrême aime même les défauts de l’aimé.
- Nous dissimulons nos bonnes actions sous l’ironie et l’indifférence, comme si l’amour était synonyme de faiblesse.
- La sotte occupation que celle de nous empêcher sans cesse de prendre du plaisir, ou de nous faire rougir de celui que nous avons pris... Celle du critique.
- L’Amour. Avec ce mot on explique tout, on pardonne tout, on valide tout, parce que l’on ne cherche jamais à savoir ce qu’il contient. [. ] Il couvre d’un voile prétendument désintéressé, voire transcendant, la recherche de la dominance et le prétendu instinct de propriété. C’est un mot qui ment à longueur de journée et ce mensonge est accepté, la larme à l’œil, sans discussion, par tous les hommes. Celui qui oserait le mettre à nu, [. ], n’est pas considéré comme lucide, mais comme cynique.
- La direction dans laquelle nous allons en ce moment est la négation des biens matériels comme étant importants et la grande importance des valeurs et des sensations spirituelles. La permissivité, si vous voulez. On parle énormément de sexe et de bisexualité.
- Prochain : celui qu’on nous ordonne d’aimer comme nous-mêmes et qui s’emploie par tous les moyens à nous rendre désobéissant.
- Nous grouillons comme des vers sur un fonds effroyable d’égoïsme, alors que nous avons en nous la promesse d’hériter dès l’oubli de nous-mêmes, la conscience divine.
- Voilà peut-être ce qu’il faudrait accepter : on ne fait que passer. Et quand bien même l’amour, le combat, la souffrance à en devenir fou... De tout ça un jour il ne reste rien.
- Tous les jours, il faut lutter pour que cet amour de l’humanité vivante se transforme en gestes concrets, en gestes qui servent d’exemple et qui mobilisent.
- Il faut que la raison règle nos passions, qu’elle leur donne un but utile, autrement elles nous ravalent au rang des animaux, ou elles nous conduisent au crime.
- On doit avoir la droiture de ne pas remarquer certaines choses, et avoir pitié de nous-mêmes, et passer l’éponge, et avoir le tact de ne pas comprendre - si on veut empêcher qu’un moment de compréhension ne nous cristallise et que la vie devienne autre.
- L’amour tel que notre culture l’a façonné, s’avance entre deux abîmes : celui du désir errant et celui d’une volonté hypocrite de constance - caricature rigoriste de la fidélité.
- On est crédule quand on aime. On ne veut rien apprendre qui dérange l’idée magnifique que l’on se fait de l’autre. De l’autre qu’on repeint toujours en doré... C’est l’amour qui veut ça.
- A force de frayer Avec toutes nos paroles A force de voisiner Avec nos sombres passions A force de s’effriter Sur les corps de passage L’amour a-t-il perdu Innocence et plaisir ?