Exception faite pour les rationalistes de profession, on désespère aujourd’hui de la vraie connaissance.
Philosophe, 1913-1960 Image : Photograph by United Press International, Domaine public, Wikimedia Commons Exception faite pour les rationalistes de profession, on désespère aujourd’hui de la vraie connaissance.
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Le mythe de Sisyphe (1942)
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On vit dans l’illusion d’un progrès de la connaissance par l’accroissement quantitatif des informations, mais la connaissance a régressé qualitativement dans son incapacité à relier ces informations.
Le défaut de soin nuit plus que le défaut de savoir.
La pression du travail et le flux incessant des idées se déversant dans notre conscience à travers toutes les portes de la connaissance rendent l’existence moderne risquée à bien des égards.
Tel pense être bien instruit, qui ne l’est point, et dont l’ignorance est si grande, qu’il n’est pas même en état de sentir ce qui lui manque pour connaître le fond du christianisme.
L’aspect le plus triste de notre vie aujourd’hui est que la science acquière les connaissances plus vite que la société n’acquière la sagesse.
Des idées vagues sur le sujet des affaires ne suffisent pas. Il faut le réduire à une sorte de science. Elle a ses principes, dont la connaissance et l’application dépendent principalement du succès.
Nous sommes écartelés entre l’avidité de connaître et le désespoir d’avoir connu.
L’esprit moderne est en plein désarroi. La connaissance s’est étendue au point où ni le monde ni notre intelligence ne peuvent prendre pied. C’est un fait que nous souffrons de nihilisme.
Le manque de chance est une faute professionnelle.
L’idéologie : un problème démographique. Les intellectuels se multipliant il faut trouver de nouveaux champs de connaissance.

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