Cette question de la grande vieillesse. Que veulent les vieux ? Ils s’isolent lentement, sur ce chemin qui les conduit à la blancheur. Tout ce qui fait la matière des conversations disparaît. Et on est là, comme des veilleurs de chagrin.
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- Savoir vieillir, c’est savoir faire son chemin jusqu’au bout.
- Certains commencent à l’extrême gauche et finissent à l’extrême droite : il paraît que c’est un chemin qu’on fait avec l’âge.
- Aimer un être âgé, c’est s’enfoncer avec lui, profondément, dans un chemin d’où il faudra revenir tout seul dans le noir.
- Nous, les humains, nous sommes condamnés à la nostalgie. La nostalgie, c’est simplement regarder le chemin parcouru depuis l’enfance. La nostalgie, c’est un sentiment humain positif.
- La vieillesse nous attache plus de rides en l’esprit qu’au visage; et ne se voit point d’âmes, ou fort rares, qui en vieillissant ne sentent l’aigre et le moisi.
- La vieillesse vit sous le signe moins : on est de moins en moins intelligent, de moins en moins bête.
- Beaucoup de gens disent qu’ils s’assagissent avec l’âge. En vérité, ils se tassent, ils ralentissent. Ils perdent de leurs saillances. Ils s’enlisent dans un sable mou et s’enfoncent en toute confiance. C’est ce qu’on appelle mûrir.
- Vieillir c’est se retirer progressivement du monde des apparences.
- On peut tromper la vie longtemps, mais elle finit toujours par faire de nous ce pour quoi nous sommes faits. Tout vieillard est un aveu, allez, et si tant de vieillesses sont vides, c’est que tant d’hommes l’étaient et le cachaient.
- Je ne laisse pas entrer le vieil homme. Je me tiens occupé. Il faut rester actif, vivant, heureux, fort, capable. Je ne laisse pas entrer le vieux critique, hostile, envieux, bavard, plein de colère et de plaintes, de manque de courage, qui se nie à lui-même que la vieillesse peut être créative, décisive, pleine de lumière et de projection.
- Les années s’écoulent et elles emportent nos forces et nous amènent les infirmités; elles nous ôtent pièce à pièce tous nos moyens de plaisir; elles nous laissent pour nourriture le passé qui est triste, et pour perspective l’avenir qui est court.
- Les vieilles gens sont volontiers avares. Ils appellent cela prudence. Ils craignent que la terre leur manque. Et pourtant c’est la seule chose qui ne leur manquera pas.
- On ne peut pas se retrouver pendant qu’on est dans la vie. Y a trop de couleurs qui vous distraient et trop de gens qui bougent autour. On ne se retrouve qu’au silence, quand il est trop tard, comme les morts.
- Nous, les personnes âgées, avons souvent une sensibilité particulière pour les soins, la réflexion et l’affection. Nous sommes, ou pouvons devenir, des maîtres de la tendresse. Nous avons besoin, dans ce monde habitué à la guerre, d’une véritable révolution de la tendresse !
- La vieillesse s’oublie car le coeur ne change guère, et plus on vieillit, plus on a d’aventures pour s’engaillardir.