Beaucoup de gens disent qu’ils s’assagissent avec l’âge. En vérité, ils se tassent, ils ralentissent. Ils perdent de leurs saillances. Ils s’enlisent dans un sable mou et s’enfoncent en toute confiance. C’est ce qu’on appelle mûrir.
ÉcrivaineBeaucoup de gens disent qu’ils s’assagissent avec l’âge. En vérité, ils se tassent, ils ralentissent. Ils perdent de leurs saillances. Ils s’enlisent dans un sable mou et s’enfoncent en toute confiance. C’est ce qu’on appelle mûrir.
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Vernon Subutex , Tome 2
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L’âge ne fait perdre le rythme qu’à ceux qui n’ont jamais eu le courage d’avancer tout seuls.
Savoir vieillir, c’est savoir faire son chemin jusqu’au bout.
L’âge me pousse vers la prose, l’âge chasse la folle rime, que, je l’avoue en soupirant, je courtise moins ardemment.
Le drame de la vieillesse n’est pas qu’on est vieux, mais bien qu’on fût jeune.
Vieillir, c’est perdre du temps. Et c’est assister à son passage.
Vieillir c’est se retirer progressivement du monde des apparences.
On devient rapidement vieux et de façon irrémédiable encore. On s’en aperçoit à la manière qu’on a prise d’aimer son malheur malgré soi.
Ceux qui refusent à penser « vieillesse » vieillissent bien moins vite et plus harmonieusement que ceux pour qui leur date de naissance est une obsession.
D’ailleurs, les années ne font pas toujours l’âge. Cela dépend de la force et de la santé qu’on a.
La vieillesse s’oublie car le cœur ne change guère, et plus on vieillit, plus on a d’aventures pour s’engaillardir.

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