Beaucoup de gens disent qu’ils s’assagissent avec l’âge. En vérité, ils se tassent, ils ralentissent. Ils perdent de leurs saillances. Ils s’enlisent dans un sable mou et s’enfoncent en toute confiance. C’est ce qu’on appelle mûrir.
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- La vie est jeune. En vieillissant, elle se fait durée, elle se fait temps, elle se fait adieu. Elle vous a tout pris, et elle n’a plus rien à vous donner, je vais souvent dans les endroits fréquentés par la jeunesse pour essayer de retrouver ce que j’ai perdu. Parfois je reconnais le visage d’un camarade tué à vingt ans. Souvent, ce sont les mêmes gestes, le même rire, les mêmes yeux. Quelque chose, toujours, demeure. Il m’arrive alors de croire presque qu’il est resté en moi quelque chose de celui que j’étais il y a vingt ans, que je n’ai pas entièrement disparu.
- L’âge ne fait perdre le rythme qu’à ceux qui n’ont jamais eu le courage d’avancer tout seuls.
- Vieillir, c’est apprendre à perdre. Encaisser, chaque semaine ou presque, un nouveau déficit, une nouvelle altération, un nouveau dommage. Voilà ce que je vois. Et plus rien ne figure dans la colonne des profits.
- La cinquantaine, c’est l’adolescence qui revient de l’autre côté de la vie adulte - le serre-livres correspondant - avec ses troubles de l’identité, ses mauvaises surprises physiques et la force qu’il faut pour s’en accommoder.
- Ce que je constate surtout, devant un homme, devant un corps vivant d’homme, c’est qu’il change à chaque seconde, qu’incessamment il vieillit.
- En vieillissant, vous savez que votre corps va vous lâcher un jour ou l’autre, mais vous ne savez pas comment.
- Quel que soit l’âge, c’est toujours un peu effrayant de s’engager dans une relation. Plus on vieillit, plus la personnalité s’affirme, plus on construit sa vie, et plus il devient difficile d’assembler les pièces du puzzle.
- Avancer en âge, c’est s’enrichir d’habitudes, se soumettre aux automatismes profitables; c’est connaître ses limites et s’y résigner.
- Tout est déjà usé pour eux à l’entrée même de la vie; et leurs premières années éprouvent déjà les dégoûts et l’insipidité que la lassitude et le long usage de tout semble attacher à la vieillesse.
- Ceux qui refusent à penser "vieillesse" vieillissent bien moins vite et plus harmonieusement que ceux pour qui leur date de naissance est une obsession.
- La jeunesse m’interpelle, car tout semble flottant et changeant pendant ce passage. Il est possible de faire des erreurs qui ruineront le reste de notre existence. Un jeune n’a pas la maturité de comprendre les ramifications qu’engendrent ses décisions.
- Cette question de la grande vieillesse. Que veulent les vieux ? Ils s’isolent lentement, sur ce chemin qui les conduit à la blancheur. Tout ce qui fait la matière des conversations disparaît. Et on est là, comme des veilleurs de chagrin.
- Il m’a fallu plus de temps qu’à ceux qui m’enviaient pour m’habituer aux signes extérieurs d’une certaine aisance. J’en ai eu honte jusqu’à ce que l’âge les justifie davantage que la réussite.
- On ne vieillit que quand on le veut bien. Ce sont les enfants qui ont inventé la vieillesse pour mettre leurs parents sous la remise.
- D’ailleurs, les années ne font pas toujours l’âge. Cela dépend de la force et de la santé qu’on a.