Vieillir, c’est apprendre à perdre. Encaisser, chaque semaine ou presque, un nouveau déficit, une nouvelle altération, un nouveau dommage. Voilà ce que je vois. Et plus rien ne figure dans la colonne des profits.
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- Elle s’étonne, le temps passe si vite, déjà Noël, déjà l’hiver, déjà demain et rien ne bouge, voilà le problème, en effet, notre vie est immobile et la terre continue de tourner.
- Y a-t-il un âge pour apprendre à vivre ? On dirait que c’est toujours à recommencer.
- Une seule chose importe : apprendre à être perdant.
- La meilleure des chose est d’apprendre. L’argent peut être perdu ou volé, la santé et la force faire défaut, mais ce que vous avez appris est votre à jamais.
- Beaucoup de gens disent qu’ils s’assagissent avec l’âge. En vérité, ils se tassent, ils ralentissent. Ils perdent de leurs saillances. Ils s’enlisent dans un sable mou et s’enfoncent en toute confiance. C’est ce qu’on appelle mûrir.
- En travaillant, on ne pense plus à l’âge qu’on a..., mais cela ne préjuge pas de la qualité du travail. Le travail qui fait oublier l’âge et les maux peut très bien n’être que bousillage.
- Tout est déjà usé pour eux à l’entrée même de la vie; et leurs premières années éprouvent déjà les dégoûts et l’insipidité que la lassitude et le long usage de tout semble attacher à la vieillesse.
- Songez dès à présent à la vieillesse qui viendra trop tôt, et vous ne perdrez pas un instant. Tandis que vous le pouvez, et que vous en êtes encore à vos années printanières, donnez-vous du bon temps; comme l’eau s’écoulent les années.
- Les années heureuses sont les années perdues, on attend une souffrance pour travailler.
- Le malheur qui se perpétue produit sur l’âme l’effet de la vieillesse sur le corps; on ne peut plus remuer; on se couche.
- Dans l’art de perdre il n’est pas dur de passer maître, tant de choses semblent si pleines d’envie d’être perdues que leur perte n’est pas un désastre.
- La vieillesse n’est pas un naufrage; c’est un lent travail de rouille en cale sèche. Jamais je ne finirai comme ça. Dès que je ne me sentirai plus en état de naviguer, je me saborderai.
- Mais on finit toujours par s’inventer une manière de faire face à l’absence. Au début, on compte les jours puis les semaines, enfin les mois. Advient inévitablement le moment où l’on se résout à admettre que le décompte se fera en années; alors on commence à ne plus compter du tout.
- Amitié : Seul sentiment que l’âge renforce. On peut badiner avec l’amour mais pas avec l’amitié. Car, contrairement au premier, la seconde n’est pas dévastée mais embellit par l’augmentation de l’espérance de vie.
- Les années s’écoulent et elles emportent nos forces et nous amènent les infirmités; elles nous ôtent pièce à pièce tous nos moyens de plaisir; elles nous laissent pour nourriture le passé qui est triste, et pour perspective l’avenir qui est court.