En vieillissant, vous savez que votre corps va vous lâcher un jour ou l’autre, mais vous ne savez pas comment.
Source : Un sacré gueuleton, éd. Flammarion
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
En vieillissant, vous savez que votre corps va vous lâcher un jour ou l’autre, mais vous ne savez pas comment.
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Ce n’est pas si désagréable de vieillir si l’on ne coupe pas la vie en étapes, si on ne se dit pas : « Maintenant c’est fini, je suis entrée dans la vieillesse ».
La vieillesse s’oublie car le cœur ne change guère, et plus on vieillit, plus on a d’aventures pour s’engaillardir.
Savoir vieillir, c’est savoir faire son chemin jusqu’au bout.
Beaucoup de gens disent qu’ils s’assagissent avec l’âge. En vérité, ils se tassent, ils ralentissent. Ils perdent de leurs saillances. Ils s’enlisent dans un sable mou et s’enfoncent en toute confiance. C’est ce qu’on appelle mûrir.
Le malheur qui se perpétue produit sur l’âme l’effet de la vieillesse sur le corps ; on ne peut plus remuer ; on se couche.
Tu as vingt ans, tu déconnes un brin et quand tu te réveilles, tu en as trente. C’est fini, plus jamais ton âge ne commencera par un deux.
Vieillir, c’est perdre du temps. Et c’est assister à son passage.
Il n’y a guère de personnes qui dans le premier penchant de l’âge ne fassent connaître par où leur corps et leur esprit doivent défaillir.
La vie est jeune. En vieillissant, elle se fait durée, elle se fait temps, elle se fait adieu. Elle vous a tout pris, et elle n’a plus rien à vous donner, je vais souvent dans les endroits fréquentés par la jeunesse pour essayer de retrouver ce que j’ai perdu. Parfois je reconnais le visage d’un camarade tué à vingt ans. Souvent, ce sont les mêmes gestes, le même rire, les mêmes yeux. Quelque chose, toujours, demeure. Il m’arrive alors de croire presque qu’il est resté en moi quelque chose de celui que j’étais il y a vingt ans, que je n’ai pas entièrement disparu.
Quelquefois dans la vie il faut que l’on s’égare.

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