Quelle que soit la quantité de mensonges, de faux souvenirs et de rêves, dont on s’entoure le long d’une vie, c’est toujours le même corps qu’on retrouve, au matin, dans l’éprouvante expérience du réveil; le corps est sans miracle.
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- Les rêves, la folie et l’ivresse prouvent que notre âme dépend beaucoup de notre corps, et vice-versa.
- Les rêves ne suffisent pas quand les corps se séparent.
- Si l’on rêve intensément à une chose, on finit toujours par la voir prendre corps.
- Quand le corps doit s’occuper chaque jour de merde et de haricots verts, l’esprit fait de même. Et la seule manière de Transcender ça, c’est d’aimer la merde et les haricots verts. Oui, le secret, c’est ça.
- La vis est le corps sans âme et le tournevis l’esprit.
- Il nous faut naître deux fois pour vivre un peu, ne serait-ce qu’un peu. Il nous faut naître par la chair et ensuite par l’âme. Les deux naissances sont comme un arrachement. La première jette le corps dans ce monde, la seconde balance l’âme jusqu’au ciel.
- C’est dans la maladie que nous nous rendons compte que nous ne vivons pas seuls, mais enchaînés à un être d’un règne différent, dont des abîmes nous séparent, qui ne nous connaît pas et duquel il est impossible de nous faire comprendre : notre corps.
- Le sommeil est dans la vie le seul monde à nous, car la veille nous plonge dans l’illusion commune, dans l’océan de ce qu’on nomme réalité.
- Notre corps et notre esprit nous envoient des messages en utilisant la douleur pour nous réveiller.
- Le déni de l’anatomie et du corps comme destin ne date pas d’hier. Il fut bien plus virulent dans toutes les sociétés antérieures à la nôtre. Ritualiser, cérémonialiser, affubler, masquer, mutiler, dessiner, torturer – pour séduire : séduire les dieux, séduire les esprits, séduire les morts. Le corps est le premier grand support de cette gigantesque entreprise de séduction.
- L’habitude de l’usine sera peut-être devenue drogue : chaque jour dans cette mélasse, absorber une dose d’hébétude. Il aura peine à se défaire de cet abrutissement providentiel, de cette sensation quotidienne d’un corps tellement courbatu que chaque soir la pensée s’endort dans une terrible sérénité.
- Un instant, j’ai pensé à ces phrases fantômes, ces réparties féroces, ces milliers de répliques jamais envoyées, demeurées suspendues, invisibles, ces griffes fières, jamais sorties de mon corps.
- Il n’appartient qu’à la tête de réfléchir, mais tout le corps a de la mémoire.
- La plus grande partie du corps ne parle que pour souffrir. Tout organe qui se fait connaître est déjà suspect de désordre. Silence bienheureux des machines qui marchent bien.
- Mais la mort ne peut être imaginée, puisqu’elle est l’absence d’images. Elle ne peut être pensée, puisqu’elle est absence de pensée. Il faut donc vivre comme si nous étions éternels. Ce qui, pour chacun de nous, mais pour lui seul, est vrai.