Je contemple, comme du dehors, cet assemblage prodigieux de molécules, qui, pour quelque temps encore, est moi.
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- La vie, on sait bien ce que c’est : un amalgame saugrenu de moments merveilleux et d’emmerdements.
- Nous ignorons tout des origines de la vie; mais nous n’en savons pas davantage sur celles d’un caillou ou d’un atome de carbone.
- Mon univers est désormais divisé entre ceux qui m’ont connu avant et les autres. Quel personnage vont-ils penser que j’aie pu être ?
- L’homme, on a dit qu’il était fait de cellules et de sang. Mais en réalité, il est comme un feuillage. Il faut que le vent passe pour que ça chante.
- La terre est le corps du voyage, le vent en est l’âme... J’aime la terre et l’air d’un amour égal, et, en moi, leurs puissances s’accordent.
- J’ai plusieurs vies. Dans la meilleure, comète entre les crocs, je suis serpent. Et dans les autres, suivant l’heure. Fétiche en or, dieu qui se pend.
- Mon monde sous-marin ne connaît pas la rage. J’y suis souverain. Comme mon corps, mes idées sont légères et gracieuses. J’étouffe le monde du dehors le temps d’épuiser l’oxygène emprisonné à la hâte dans mes poumons.
- J’étais un impie, un athée, un forcené, un enragé, une bête féroce, un loup.
- Le corps, ça vit tout seul, une fois que ça a commencé. Mais la pensée, c’est moi qui la continue, qui la déroule. J’existe. Je pense que j’existe. Oh ! Le long serpentin, ce sentiment d’exister - et je le déroule, tout doucement.
- Le monde est composé de flèches et de molécules, et d’électricité, comme le Big-Bang tu vois, et tout ça ensemble, ça forme l’Univers.
- Oui, je le sais, nous ne sommes que de vaines formes de la matière, mais bien sublimes pour avoir inventé Dieu et notre âme.
- La vie des plus grands génies semble avoir pour la nature juste autant d’importance que celle d’une colonie de microbes ou d’une fourmilière.
- Bien que mes sentiments peuvent tenir dans le noyau d’un atome, j’aime sentir le parfum de sa danse effleurer ma peau.
- La science m’ordonne de n’aimer que moi, attendu que tout le monde est fondé sur l’intérêt personnel.
- Qui entreprendrait d’examiner sa vie au microscope ? Qui en aurait le courage ? Personne ne peut supporter d’aller au fond de soi sans s’apitoyer ou être complaisant envers soi...