La cheminée dont l’énorme hotte s’adornait d’une coquette dentelle de papier rose.
Écrivain, 1924-2016La cheminée dont l’énorme hotte s’adornait d’une coquette dentelle de papier rose.
Écrivain, 1924-2016Partager sur
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Le Roi des aulnes (1970)
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Le cœur d’un libertin est fait comme une auberge, on y trouve à toute heure un grand feu bien nourri.
Une rose semble grise à minuit, mais la flamme est juste endormie. Et l’acier est résistant car il connaît le marteau et la chaleur blanche.
La jeunesse fulmine, la vieillesse chemine.
L’homme est adossé à sa mort comme le causeur à la cheminée.
Et la chambre drapée en tulle vaporeux
Rose de la lueur des veilleuses voilées,
Où ne sonnent jamais les heures désolées !…
Parfums persuadeurs qui montent du lit creux !…
Il lui fallut un bon quart d’heure pour se retrouver vraiment à proximité des flammes, et il resta là à les observer depuis le couvert. Ce frémissement, la conjugaison du blanc et du rouge… C’était un feu étrange parce qu’il prenait pour lui une signification différente. Il ne brûlait pas ; il réchauffait !
Où ? Où va la flamme d’une torche quand un vent glacé l’a éteinte ? Au paradis ? En enfer ? Des lumières dans la nuit, des chandelles dans le vent.
L’absence refroidit les passions modérées au lieu qu’elle enflamme les plus violentes, telle que le vent qui éteint une bougie et qui excite la flamme d’un grand feu.
La vie a, comme un feu, fumée, flamme et cendre.
Les étés d’autrefois brûlent dans les bouteilles d’Yquem et les couchants des années rougissent le Gruaud-Larose.

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