Et la chambre drapée en tulle vaporeux
Rose de la lueur des veilleuses voilées,
Où ne sonnent jamais les heures désolées !…
Parfums persuadeurs qui montent du lit creux !…
Écrivain, 1842-1888Et la chambre drapée en tulle vaporeux
Rose de la lueur des veilleuses voilées,
Où ne sonnent jamais les heures désolées !…
Parfums persuadeurs qui montent du lit creux !…
Écrivain, 1842-1888Partager sur
Source vérifiée
Le Coffret de santal (éd. Tresse, 1879) (1879), « Soir éternel »
Dans le parc, les oiseaux se querellent entre eux. Après la promenade en de sombres allées, On rentre; on mange ensemble, et tant de voix mêlées N’empêchent pas les doux regards, furtifs, heureux.Et la chambre drapée en tulle vaporeux Rose de la lueur des veilleuses voilées, Où ne sonnent jamais les heures désolées!… Parfums persuadeurs qui montent du lit creux!…
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La beauté de l’ennui Dans la nuit qui bourdonne A la galeuse féerie Des crépuscules d’automne.
O temps de rêverie, et de force, et de grâce ! Attendre tous les soirs une robe qui passe !
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne, Je respire l’odeur de ton sein chaleureux, Je vois se dérouler des rivages heureux Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone.
Dans la plaine
Naît un bruit.
C’est l’haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu’une flamme
Toujours suit.
Défais-toi de cette épouvante qui t’égare, ô coursier noble et fidèle ! Ces ténèbres, ne vois-tu pas que ce n’est que la nuit ? La nuit, cette intermittence de la fièvre qu’on appelle le jour !
Dans ces meubles laqués, rideaux et dais moroses, danse, aime, bleu laquais, ris d’oser des mots roses.
O Rose, te voilà malade ! L’insecte invisible Qui vole dans la nuit Parmi la hurlante tempête A découvert ton lit De splendeur cramoisie ; Son amour obscur et secret Ronge ta vie.
Paris, femmes, soleil, soleil de minuit. Le Bois, le thé, le dancing, les courses, le cabaret. Femme… Est-ce la même, je ne la reconnais pas, ce matin elle était si simple, si effacée dans sa robe presque unie, la voici ce soir, chair et perles.
Nuit de juin ! Dix-sept ans !
On se laisse griser. La sève est du champagne et vous monte à la tête… On divague ; on se sent aux lèvres un baiser Qui palpite, là, comme une petite bête…
Il est d’étranges soirs où les fleurs ont une âme, où dans l’air énervé flotte du repentir, où sur la vague lente et lourde d’un soupir Le cœur le plus secret aux lèvres vient mourir.

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