C’est croire, c’est aimer. Par Eve l’homme naît. La femme est vers le ciel tournée, et ce qui n’est Que parfum dans la rose est encens dans la femme.
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons C’est croire, c’est aimer. Par Eve l’homme naît. La femme est vers le ciel tournée, et ce qui n’est Que parfum dans la rose est encens dans la femme.
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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La Légende des siècles (1859)
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Le cœur d’une vierge contient le germe de l’amour, comme le bouton de la rose en recèle le parfum.
L’amour, c’est la fleur de la brandie ; C’est l’ange aux aîles d’or qui plane dans le ciel, et qui sur les inondes se penche En secouant sa robe blanche D’où tombe l’absynthe et le miel.
La rose et moi différons d’une chose : Un soleil voit naître et mourir la rose, mille soleils ont vu naître m’amour, dont l’action jamais ne se repose. Que plût à Dieu que telle amour enclose, comme une fleur, ne m’eût duré qu’un jour.
L’amour constant ressemble à la fleur du soleil,
Qui rend à son déclin, le soir, le même hommage
Dont elle a, le matin, salué son réveil !
Le fruit de l’amour, dit-on, se voit à la beauté de la grossesse de la femme.
Tout est femme dans ce qu’on aime ; l’empire de l’amour ne reconnaît d’autres bornes que celles du plaisir !
Eve a péché, pourquoi ? Parce qu’on la flatta ; Exemple que depuis mainte femme imita.
L’amour est le soleil qui fait éclore toutes ces célestes fleurs de l’âme et qui leur fait exhaler de suaves parfums.
Une femme est un ange Le temps qu’on la supplie ; conquise, elle est perdue, car l’âme du plaisir est dans la quête ardue.
L’amour, naissance universelle, d’un cœur à l’autre se répand, la terre à l’homme, l’homme à elle.

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